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作者:法- 大仲马 当前章节:15367 字 更新时间:2026-6-15 21:39

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Les trois mousquetaires

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Title: Les trois mousquetaires

Author: Alexandre Dumas

Release Date: November 4, 2004 [EBook #13951]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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Alexandre Dumas

LES TROIS MOUSQUETAIRES

Les trois mousquetaires

Table des matières

INTRODUCTION CHAPITRE PREMIER LES TROIS PRéSENTS DE M. D’ARTAGNAN PèRE

CHAPITRE II L’ANTICHAMBRE DE M. DE TRéVILLE CHAPITRE III L’AUDIENCE CHAPITRE IV

L’éPAULE D’ATHOS, LE BAUDRIER DE PORTHOS ET LE MOUCHOIR D’ARAMIS CHAPITRE V

LES MOUSQUETAIRES DU ROI ET LES GARDES DE M. LE CARDINAL CHAPITRE VI SA

MAJESTé LE ROI LOUIS TREIZIèME CHAPITRE VII L’INTéRIEUR DES MOUSQUETAIRES

CHAPITRE VIII UNE INTRIGUE DE COEUR CHAPITRE IX D’ARTAGNAN SE DESSINE CHAPITRE

X UNE SOURICIèRE AU XVIIe SIèCLE CHAPITRE XI L’INTRIGUE SE NOUE CHAPITRE XII

GEORGES VILLIERS, DUC DE BUCKINGHAM CHAPITRE XIII MONSIEUR BONACIEUX

CHAPITRE XIV L’HOMME DE MEUNG CHAPITRE XV GENS DE ROBE ET GENS D’éPéE

CHAPITRE XVI Où M. LE GARDE DES SCEAUX SéGUIER CHERCHA PLUS D’UNE FOIS LA

CLOCHE POUR LA SONNER, COMME IL LE FAISAIT AUTREFOIS CHAPITRE XVII LE MéNAGE

BONACIEUX CHAPITRE XVIII L’AMANT ET LE MARI CHAPITRE XIX PLAN DE CAMPAGNE

CHAPITRE XX VOYAGE CHAPITRE XXI LA COMTESSE DE WINTER CHAPITRE XXII LE BALLET

DE LA MERLAISON CHAPITRE XXIII LE RENDEZ-VOUS CHAPITRE XXIV LE PAVILLON

CHAPITRE XXV PORTHOS CHAPITRE XXVI LA THèSE D’ARAMIS CHAPITRE XXVII LA FEMME

D’ATHOS CHAPITRE XXVIII RETOUR CHAPITRE XXIX LA CHASSE à L’éQUIPEMENT

CHAPITRE XXX MILADY CHAPITRE XXXI ANGLAIS ET FRAN.AIS CHAPITRE XXXII UN D.NER

DE PROCUREUR CHAPITRE XXXIII SOUBRETTE ET MA.TRESSE CHAPITRE XXXIV Où IL EST

TRAITé DE L’éQUIPEMENT D’ARAMIS ET DE PORTHOS CHAPITRE XXXV LA NUIT TOUS LES

CHATS SONT GRIS CHAPITRE XXXVI RêVE DE VENGEANCE CHAPITRE XXXVII LE SECRET DE

MILADY CHAPITRE XXXVIII COMMENT, SANS SE DéRANGER, ATHOS TROUVA SON

éQUIPEMENT CHAPITRE XXXIX UNE VISION CHAPITRE XL LE CARDINAL CHAPITRE XLI LE

SIèGE DE LA ROCHELLE CHAPITRE XLII LE VIN D’ANJOU CHAPITRE XLIII L’AUBERGE DU

COLOMBIER-ROUGE CHAPITRE XLIV DE L’UTILITé DES TUYAUX DE POêLE CHAPITRE XLV

SCèNE CONJUGALE CHAPITRE XLVI LE BASTION SAINT-GERVAIS CHAPITRE XLVII LE

CONSEIL DES MOUSQUETAIRES CHAPITRE XLVIII AFFAIRE DE FAMILLE CHAPITRE XLIX

FATALITé CHAPITRE L CAUSERIE D’UN FRèRE AVEC SA SOEUR CHAPITRE LI OFFICIER

CHAPITRE LII PREMIERE JOURNéE DE CAPTIVITé CHAPITRE LIII DEUXIèME JOURNéE DE

CAPTIVITé CHAPITRE LIV TROISIèME JOURNéE DE CAPTIVITé CHAPITRE LV QUATRIèME

JOURNéE DE CAPTIVITé CHAPITRE LVI CINQUIèME JOURNéE DE CAPTIVITé CHAPITRE LVII

UN MOYEN DE TRAGéDIE CLASSIQUE CHAPITRE LVIII éVASION CHAPITRE LIX CE QUI SE

PASSAIT à PORTSMOUTH LE 23 AO.T 1628 CHAPITRE LX EN FRANCE CHAPITRE LXI LE

COUVENT DES CARMéLITES DE BéTHUNE CHAPITRE LXII DEUX VARIéTéS DE DéMONS

CHAPITRE LXIII UNE GOUTTE D’EAU CHAPITRE LXIV L’HOMME AU MANTEAU ROUGE

CHAPITRE LXV LE JUGEMENT CHAPITRE LXVI L’EXéCUTION CHAPITRE LXVII CONCLUSION

éPILOGUE

INTRODUCTION

Il y a un an à peu près, qu’en faisant à la Bibliothèque royale des recherches pour mon histoire de Louis XIV,

je tombai par hasard sur les Mémoires de M. d’Artagnan, imprimés -- comme la plus grande partie des

ouvrages de cette époque, où les auteurs tenaient à dire la vérité sans aller faire un tour plus ou moins long à la

Bastille -- à Amsterdam, chez Pierre Rouge. Le titre me séduisit: je les emportai chez moi, avec la permission

de M. le conservateur; bien entendu, je les dévorai.

Mon intention n’est pas de faire ici une analyse de ce curieux ouvrage, et je me contenterai d’y renvoyer ceux

de mes lecteurs qui apprécient les tableaux d’époques. Ils y trouveront des portraits crayonnés de main de

ma.tre; et, quoique les esquisses soient, pour la plupart du temps, tracées sur des portes de caserne et sur des

murs de cabaret, ils n’y reconna.tront pas moins, aussi ressemblantes que dans l’histoire de M. Anquetil, les

images de Louis XIII, d’Anne d’Autriche, de Richelieu, de Mazarin et de la plupart des courtisans de

Les trois mousquetaires

l’époque.

Mais, comme on le sait, ce qui frappe l’esprit capricieux du poète n’est pas toujours ce qui impressionne la

masse des lecteurs. Or, tout en admirant, comme les autres admireront sans doute, les détails que nous avons

signalés, la chose qui nous préoccupa le plus est une chose à laquelle bien certainement personne avant nous

n’avait fait la moindre attention.

D’Artagnan raconte qu’à sa première visite à M. de Tréville, le capitaine des mousquetaires du roi, il

rencontra dans son antichambre trois jeunes gens servant dans l’illustre corps où il sollicitait l’honneur d’être

re.u, et ayant nom Athos, Porthos et Aramis.

Nous l’avouons, ces trois noms étrangers nous frappèrent, et il nous vint aussit.t à l’esprit qu’ils n’étaient que

des pseudonymes à l’aide desquels d’Artagnan avait déguisé des noms peut-être illustres, si toutefois les

porteurs de ces noms d’emprunt ne les avaient pas choisis eux-mêmes le jour où, par caprice, par

mécontentement ou par défaut de fortune, ils avaient endossé la simple casaque de mousquetaire.

Dès lors nous n’e.mes plus de repos que nous n’eussions retrouvé, dans les ouvrages contemporains, une

trace quelconque de ces noms extraordinaires qui avaient fort éveillé notre curiosité.

Le seul catalogue des livres que nous l.mes pour arriver à ce but remplirait un feuilleton tout entier, ce qui

serait peut-être fort instructif, mais à coups s.r peu amusant pour nos lecteurs. Nous nous contenterons donc

de leur dire qu’au moment où, découragé de tant d’investigations infructueuses, nous allions abandonner notre

recherche, nous trouvames enfin, guidé par les conseils de notre illustre et savant ami Paulin Paris, un

manuscrit in-folio, coté le n° 4772 ou 4773, nous ne nous le rappelons plus bien, ayant pour titre:

.Mémoires de M. le comte de La Fère, concernant quelques-uns des événements qui se passèrent en France

vers la fin du règne du roi Louis XIII et le commencement du règne du roi Louis XIV..

On devine si notre joie fut grande, lorsqu’en feuilletant ce manuscrit, notre dernier espoir, nous trouvames à la

vingtième page le nom d’Athos, à la vingt-septième le nom de Porthos, et à la trente et unième le nom

d’Aramis.

La découverte d’un manuscrit complètement inconnu, dans une époque où la science historique est poussée à

un si haut degré, nous parut presque miraculeuse. Aussi nous hatames-nous de solliciter la permission de le

faire imprimer, dans le but de nous présenter un jour avec le bagage des autres à l’Académie des inscriptions

et belles-lettres, si nous n’arrivions, chose fort probable, à entrer à l’Académie fran.aise avec notre propre

bagage. Cette permission, nous devons le dire, nous fut gracieusement accordée; ce que nous consignons ici

pour donner un démenti public aux malveillants qui prétendent que nous vivons sous un gouvernement assez

médiocrement disposé à l’endroit des gens de lettres.

Or, c’est la première partie de ce précieux manuscrit que nous offrons aujourd’hui à nos lecteurs, en lui

restituant le titre qui lui convient, prenant l’engagement, si, comme nous n’en doutons pas, cette première

partie obtient le succès qu’elle mérite, de publier incessamment la seconde.

En attendant, comme le parrain est un second père, nous invitons le lecteur à s’en prendre à nous, et non au

comte de La Fère, de son plaisir ou de son ennui.

Cela posé, passons à notre histoire.

CHAPITRE PREMIER LES TROIS PRéSENTS DE M. D’ARTAGNAN PèRE

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait

Les trois mousquetaires

être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle.

Plusieurs bourgeois, voyant s’enfuir les femmes du c.té de la Grande-Rue, entendant les enfants crier sur le

seuil des portes, se hataient d’endosser la cuirasse et, appuyant leur contenance quelque peu incertaine d’un

mousquet ou d’une pertuisane, se dirigeaient vers l’h.tellerie du Franc Meunier, devant laquelle s’empressait,

en grossissant de minute en minute, un groupe compact, bruyant et plein de curiosité.

En ce temps-là les paniques étaient fréquentes, et peu de jours se passaient sans qu’une ville ou l’autre

enregistrat sur ses archives quelque événement de ce genre. Il y avait les seigneurs qui guerroyaient entre eux;

il y avait le roi qui faisait la guerre au cardinal; il y avait l’Espagnol qui faisait la guerre au roi. Puis, outre ces

guerres sourdes ou publiques, secrètes ou patentes, il y avait encore les voleurs, les mendiants, les huguenots,

les loups et les laquais, qui faisaient la guerre à tout le monde. Les bourgeois s’armaient toujours contre les

voleurs, contre les loups, contre les laquais, -- souvent contre les seigneurs et les huguenots, -- quelquefois

contre le roi, -- mais jamais contre le cardinal et l’Espagnol. Il résulta donc de cette habitude prise, que, ce

susdit premier lundi du mois d’avril 1625, les bourgeois, entendant du bruit, et ne voyant ni le guidon jaune et

rouge, ni la livrée du duc de Richelieu, se précipitèrent du c.té de l’h.tel du Franc Meunier.

Arrivé là, chacun put voir et reconna.tre la cause de cette rumeur.

Un jeune homme... -- tra.ons son portrait d’un seul trait de plume: figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans,

don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d’un pourpoint de laine dont la

couleur bleue s’était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d’azur céleste. Visage long et

brun; la pommette des joues saillante, signe d’astuce; les muscles maxillaires énormément développés, indice

infaillible auquel on reconna.t le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portait un béret orné d’une

espèce de plume; l’oeil ouvert et intelligent; le nez crochu, mais finement dessiné; trop grand pour un

adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu’un oeil peu exercé e.t pris pour un fils de fermier en voyage,

sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à

pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval.

Car notre jeune homme avait une monture, et cette monture était même si remarquable, qu’elle fut remarquée:

c’était un bidet du Béarn, agé de douze ou quatorze ans, jaune de robe, sans crins à la queue, mais non pas

sans javarts aux jambes, et qui, tout en marchant la tête plus bas que les genoux, ce qui rendait inutile

l’application de la martingale, faisait encore également ses huit lieues par jour. Malheureusement les qualités

de ce cheval étaient si bien cachées sous son poil étrange et son allure incongrue, que dans un temps où tout le

monde se connaissait en chevaux, l’apparition du susdit bidet à Meung, où il était entré il y avait un quart

d’heure à peu près par la porte de Beaugency, produisit une sensation dont la défaveur rejaillit jusqu’à son

cavalier.

Et cette sensation avait été d’autant plus pénible au jeune d’Artagnan (ainsi s’appelait le don Quichotte de

cette autre Rossinante), qu’il ne se cachait pas le c.té ridicule que lui donnait, si bon cavalier qu’il f.t, une

pareille monture; aussi avait-il fort soupiré en acceptant le don que lui en avait fait M. d’Artagnan père. Il

n’ignorait pas qu’une pareille bête valait au moins vingt livres: il est vrai que les paroles dont le présent avait

été accompagné n’avaient pas de prix.

.Mon fils, avait dit le gentilhomme gascon -- dans ce pur patois de Béarn dont Henri IV n’avait jamais pu

parvenir à se défaire --, mon fils, ce cheval est né dans la maison de votre père, il y a tant.t treize ans, et y est

resté depuis ce temps-là, ce qui doit vous porter à l’aimer. Ne le vendez jamais, laissez-le mourir

tranquillement et honorablement de vieillesse, et si vous faites campagne avec lui, ménagez-le comme vous

ménageriez un vieux serviteur. à la cour, continua M. d’Artagnan père, si toutefois vous avez l’honneur d’y

aller, honneur auquel, du reste, votre vieille noblesse vous donne des droits, soutenez dignement votre nom de

gentilhomme, qui a été porté dignement par vos ancêtres depuis plus de cinq cents ans. Pour vous et pour les

v.tres -- par les v.tres, j’entends vos parents et vos amis --, ne supportez jamais rien que de M. le cardinal et

du roi. C’est par son courage, entendez-vous bien, par son courage seul, qu’un gentilhomme fait son chemin

Les trois mousquetaires

aujourd’hui. Quiconque tremble une seconde laisse peut-être échapper l’appat que, pendant cette seconde

justement, la fortune lui tendait. Vous êtes jeune, vous devez être brave par deux raisons: la première, c’est

que vous êtes Gascon, et la seconde, c’est que vous êtes mon fils. Ne craignez pas les occasions et cherchez

les aventures. Je vous ai fait apprendre à manier l’épée; vous avez un jarret de fer, un poignet d’acier;

battez-vous à tout propos; battez-vous d’autant plus que les duels sont défendus, et que, par conséquent, il y a

deux fois du courage à se battre. Je n’ai, mon fils, à vous donner que quinze écus, mon cheval et les conseils

que vous venez d’entendre. Votre mère y ajoutera la recette d’un certain baume qu’elle tient d’une

bohémienne, et qui a une vertu miraculeuse pour guérir toute blessure qui n’atteint pas le coeur. Faites votre

profit du tout, et vivez heureusement et longtemps. -- Je n’ai plus qu’un mot à ajouter, et c’est un exemple que

je vous propose, non pas le mien, car je n’ai, moi, jamais paru à la cour et n’ai fait que les guerres de religion

en volontaire; je veux parler de M. de Tréville, qui était mon voisin autrefois, et qui a eu l’honneur de jouer

tout enfant avec notre roi Louis treizième, que Dieu conserve! Quelquefois leurs jeux dégénéraient en bataille

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