饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15444 字 更新时间:2026-6-15 21:39

mousquetaires, à nous!. Comme d’habitude, l’h.tel de M. de Tréville était plein de soldats de cette arme, qui

accoururent au secours de leurs camarades; la mêlée devint générale, mais la force était aux mousquetaires:

les gardes du cardinal et les gens de M. de La Trémouille se retirèrent dans l’h.tel, dont ils fermèrent les

portes assez à temps pour empêcher que leurs ennemis n’y fissent irruption en même temps qu’eux. Quant au

blessé, il y avait été tout d’abord transporté et, comme nous l’avons dit, en fort mauvais état.

L’agitation était à son comble parmi les mousquetaires et leurs alliés, et l’on délibérait déjà si, pour punir

l’insolence qu’avaient eue les domestiques de M. de La Trémouille de faire une sortie sur les mousquetaires

du roi, on ne mettrait pas le feu à son h.tel. La proposition en avait été faite et accueillie avec enthousiasme,

lorsque heureusement onze heures sonnèrent; d’Artagnan et ses compagnons se souvinrent de leur audience,

et comme ils eussent regretté que l’on f.t un si beau coup sans eux, ils parvinrent à calmer les têtes. On se

contenta donc de jeter quelques pavés dans les portes, mais les portes résistèrent: alors on se lassa; d’ailleurs

ceux qui devaient être regardés comme les chefs de l’entreprise avaient depuis un instant quitté le groupe et

s’acheminaient vers l’h.tel de M. de Tréville, qui les attendait, déjà au courant de cette algarade.

.Vite, au Louvre, dit-il, au Louvre sans perdre un instant, et tachons de voir le roi avant qu’il soit prévenu par

le cardinal; nous lui raconterons la chose comme une suite de l’affaire d’hier, et les deux passeront ensemble..

Les trois mousquetaires

M. de Tréville, accompagné des quatre jeunes gens, s’achemina donc vers le Louvre; mais, au grand

étonnement du capitaine des mousquetaires, on lui annon.a que le roi était allé courre le cerf dans la forêt de

Saint-Germain. M. de Tréville se fit répéter deux fois cette nouvelle, et à chaque fois ses compagnons virent

son visage se rembrunir.

.Est-ce que Sa Majesté, demanda-t-il, avait dès hier le projet de faire cette chasse?

-- Non, Votre Excellence, répondit le valet de chambre, c’est le grand veneur qui est venu lui annoncer ce

matin qu’on avait détourné cette nuit un cerf à son intention. Il a d’abord répondu qu’il n’irait pas, puis il n’a

pas su résister au plaisir que lui promettait cette chasse, et après le d.ner il est parti.

-- Et le roi a-t-il vu le cardinal? demanda M. de Tréville.

-- Selon toute probabilité, répondit le valet de chambre, car j’ai vu ce matin les chevaux au carrosse de Son

éminence, j’ai demandé où elle allait, et l’on m’a répondu: “à Saint-Germain.”

-- Nous sommes prévenus, dit M. de Tréville, messieurs, je verrai le roi ce soir; mais quant à vous, je ne vous

conseille pas de vous y hasarder..

L’avis était trop raisonnable et surtout venait d’un homme qui connaissait trop bien le roi, pour que les quatre

jeunes gens essayassent de le combattre. M. de Tréville les invita donc à rentrer chacun chez eux et à attendre

de ses nouvelles.

En entrant à son h.tel, M. de Tréville songea qu’il fallait prendre date en portant plainte le premier. Il envoya

un de ses domestiques chez M. de La Trémouille avec une lettre dans laquelle il le priait de mettre hors de

chez lui le garde de M. le cardinal, et de réprimander ses gens de l’audace qu’ils avaient eue de faire leur

sortie contre les mousquetaires. Mais M. de La Trémouille, déjà prévenu par son écuyer dont, comme on le

sait, Bernajoux était le parent, lui fit répondre que ce n’était ni à M. de Tréville, ni à ses mousquetaires de se

plaindre, mais bien au contraire à lui dont les mousquetaires avaient chargé les gens et voulu br.ler l’h.tel.

Or, comme le débat entre ces deux seigneurs e.t pu durer longtemps, chacun devant naturellement s’entêter

dans son opinion, M. de Tréville avisa un expédient qui avait pour but de tout terminer: c’était d’aller trouver

lui-même M. de La Trémouille.

Il se rendit donc aussit.t à son h.tel et se fit annoncer.

Les deux seigneurs se saluèrent poliment, car, s’il n’y avait pas amitié entre eux, il y avait du moins estime.

Tous deux étaient gens de coeur et d’honneur; et comme M. de La Trémouille, protestant, et voyant rarement

le roi, n’était d’aucun parti, il n’apportait en général dans ses relations sociales aucune prévention. Cette fois,

néanmoins, son accueil quoique poli fut plus froid que d’habitude.

.Monsieur, dit M. de Tréville, nous croyons avoir à nous plaindre chacun l’un de l’autre, et je suis venu

moi-même pour que nous tirions de compagnie cette affaire au clair.

-- Volontiers, répondit M. de La Trémouille; mais je vous préviens que je suis bien renseigné, et tout le tort est

à vos mousquetaires.

-- Vous êtes un homme trop juste et trop raisonnable, monsieur, dit M. de Tréville, pour ne pas accepter la

proposition que je vais faire.

-- Faites, monsieur, j’écoute.

-- Comment se trouve M. Bernajoux, le parent de votre écuyer?

Les trois mousquetaires

-- Mais, monsieur, fort mal. Outre le coup d’épée qu’il a re.u dans le bras, et qui n’est pas autrement

dangereux, il en a encore ramassé un autre qui lui a traversé le poumon, de sorte que le médecin en dit de

pauvres choses.

-- Mais le blessé a-t-il conservé sa connaissance?

-- Parfaitement.

-- Parle-t-il?

-- Avec difficulté, mais il parle.

-- Eh bien, monsieur! rendons-nous près de lui; adjurons-le, au nom du Dieu devant lequel il va être appelé

peut-être, de dire la vérité. Je le prends pour juge dans sa propre cause, monsieur, et ce qu’il dira je le croirai..

M. de La Trémouille réfléchit un instant, puis, comme il était difficile de faire une proposition plus

raisonnable, il accepta.

Tous deux descendirent dans la chambre où était le blessé. Celui- ci, en voyant entrer ces deux nobles

seigneurs qui venaient lui faire visite, essaya de se relever sur son lit, mais il était trop faible, et, épuisé par

l’effort qu’il avait fait, il retomba presque sans connaissance.

M. de La Trémouille s’approcha de lui et lui fit respirer des sels qui le rappelèrent à la vie. Alors M. de

Tréville, ne voulant pas qu’on p.t l’accuser d’avoir influencé le malade, invita M. de La Trémouille à

l’interroger lui-même.

Ce qu’avait prévu M. de Tréville arriva. Placé entre la vie et la mort comme l’était Bernajoux, il n’eut pas

même l’idée de taire un instant la vérité, et il raconta aux deux seigneurs les choses exactement, telles qu’elles

s’étaient passées.

C’était tout ce que voulait M. de Tréville; il souhaita à Bernajoux une prompte convalescence, prit congé de

M. de La Trémouille, rentra à son h.tel et fit aussit.t prévenir les quatre amis qu’il les attendait à d.ner.

M. de Tréville recevait fort bonne compagnie, toute anticardinaliste d’ailleurs. On comprend donc que la

conversation roula pendant tout le d.ner sur les deux échecs que venaient d’éprouver les gardes de Son

éminence. Or, comme d’Artagnan avait été le héros de ces deux journées, ce fut sur lui que tombèrent toutes

les félicitations, qu’Athos, Porthos et Aramis lui abandonnèrent non seulement en bons camarades, mais en

hommes qui avaient eu assez souvent leur tour pour qu’ils lui laissassent le sien.

Vers six heures, M. de Tréville annon.a qu’il était tenu d’aller au Louvre; mais comme l’heure de l’audience

accordée par Sa Majesté était passée, au lieu de réclamer l’entrée par le petit escalier, il se pla.a avec les

quatre jeunes gens dans l’antichambre. Le roi n’était pas encore revenu de la chasse. Nos jeunes gens

attendaient depuis une demi-heure à peine, mêlés à la foule des courtisans, lorsque toutes les portes

s’ouvrirent et qu’on annon.a Sa Majesté.

à cette annonce, d’Artagnan se sentit frémir jusqu’à la moelle des os. L’instant qui allait suivre devait, selon

toute probabilité, décider du reste de sa vie. Aussi ses yeux se fixèrent-ils avec angoisse sur la porte par

laquelle devait entrer le roi.

Louis XIII parut, marchant le premier; il était en costume de chasse, encore tout poudreux, ayant de grandes

bottes et tenant un fouet à la main. Au premier coup d’oeil, d’Artagnan jugea que l’esprit du roi était à l’orage.

Les trois mousquetaires

Cette disposition, toute visible qu’elle était chez Sa Majesté, n’empêcha pas les courtisans de se ranger sur son

passage: dans les antichambres royales, mieux vaut encore être vu d’un oeil irrité que de n’être pas vu du tout.

Les trois mousquetaires n’hésitèrent donc pas, et firent un pas en avant, tandis que d’Artagnan au contraire

restait caché derrière eux; mais quoique le roi conn.t personnellement Athos, Porthos et Aramis, il passa

devant eux sans les regarder, sans leur parler et comme s’il ne les avait jamais vus. Quant à M. de Tréville,

lorsque les yeux du roi s’arrêtèrent un instant sur lui, il soutint ce regard avec tant de fermeté, que ce fut le roi

qui détourna la vue; après quoi, tout en grommelant, Sa Majesté rentra dans son appartement.

.Les affaires vont mal, dit Athos en souriant, et nous ne serons pas encore fait chevaliers de l’ordre cette

fois-ci.

-- Attendez ici dix minutes, dit M. de Tréville; et si au bout de dix minutes vous ne me voyez pas sortir,

retournez à mon h.tel: car il sera inutile que vous m’attendiez plus longtemps..

Les quatre jeunes gens attendirent dix minutes, un quart d’heure, vingt minutes; et voyant que M. de Tréville

ne reparaissait point, ils sortirent fort inquiets de ce qui allait arriver.

M. de Tréville était entré hardiment dans le cabinet du roi, et avait trouvé Sa Majesté de très méchante

humeur, assise sur un fauteuil et battant ses bottes du manche de son fouet, ce qui ne l’avait pas empêché de

lui demander avec le plus grand flegme des nouvelles de sa santé.

.Mauvaise, monsieur, mauvaise, répondit le roi, je m’ennuie..

C’était en effet la pire maladie de Louis XIII, qui souvent prenait un de ses courtisans, l’attirait à une fenêtre

et lui disait: .Monsieur un tel, ennuyons-nous ensemble..

.Comment! Votre Majesté s’ennuie! dit M. de Tréville. N’a-t-elle donc pas pris aujourd’hui le plaisir de la

chasse?

-- Beau plaisir, monsieur! Tout dégénère, sur mon ame, et je ne sais si c’est le gibier qui n’a plus de voie ou

les chiens qui n’ont plus de nez. Nous lan.ons un cerf dix cors, nous le courons six heures, et quand il est prêt

à tenir, quand Saint-Simon met déjà le cor à sa bouche pour sonner l’hallali, crac! toute la meute prend le

change et s’emporte sur un daguet. Vous verrez que je serai obligé de renoncer à la chasse à courre comme

j’ai renoncé à la chasse au vol. Ah! je suis un roi bien malheureux, monsieur de Tréville! je n’avais plus qu’un

gerfaut, et il est mort avant-hier.

-- En effet, Sire, je comprends votre désespoir, et le malheur est grand; mais il vous reste encore, ce me

semble, bon nombre de faucons, d’éperviers et de tiercelets.

-- Et pas un homme pour les instruire, les fauconniers s’en vont, il n’y a plus que moi qui connaisse l’art de la

vénerie. Après moi tout sera dit, et l’on chassera avec des traquenards, des pièges, des trappes. Si j’avais le

temps encore de former des élèves! mais oui, M. le cardinal est là qui ne me laisse pas un instant de repos, qui

me parle de l’Espagne, qui me parle de l’Autriche, qui me parle de l’Angleterre! Ah! à propos de M. le

cardinal, monsieur de Tréville, je suis mécontent de vous..

M. de Tréville attendait le roi à cette chute. Il connaissait le roi de longue main; il avait compris que toutes ses

plaintes n’étaient qu’une préface, une espèce d’excitation pour s’encourager lui-même, et que c’était où il était

arrivé enfin qu’il en voulait venir.

.Et en quoi ai-je été assez malheureux pour déplaire à Votre Majesté? demanda M. de Tréville en feignant le

plus profond étonnement.

Les trois mousquetaires

-- Est-ce ainsi que vous faites votre charge, monsieur? continua le roi sans répondre directement à la question

de M. de Tréville; est-ce pour cela que je vous ai nommé capitaine de mes mousquetaires, que ceux-ci

assassinent un homme, émeuvent tout un quartier et veulent br.ler Paris sans que vous en disiez un mot?

Mais, au reste, continua le roi, sans doute que je me hate de vous accuser, sans doute que les perturbateurs

sont en prison et que vous venez m’annoncer que justice est faite.

-- Sire, répondit tranquillement M. de Tréville, je viens vous la demander au contraire.

-- Et contre qui? s’écria le roi.

-- Contre les calomniateurs, dit M. de Tréville.

-- Ah! voilà qui est nouveau, reprit le roi. N’allez-vous pas dire que vos trois mousquetaires damnés, Athos,

Porthos et Aramis et votre cadet de Béarn, ne se sont pas jetés comme des furieux sur le pauvre Bernajoux, et

ne l’ont pas maltraité de telle fa.on qu’il est probable qu’il est en train de trépasser à cette heure! N’allez-vous

pas dire qu’ensuite ils n’ont pas fait le siège de l’h.tel du duc de La Trémouille, et qu’ils n’ont point voulu le

br.ler! ce qui n’aurait peut-être pas été un très grand malheur en temps de guerre, vu que c’est un nid de

huguenots, mais ce qui, en temps de paix, est un facheux exemple. Dites, n’allez-vous pas nier tout cela?

-- Et qui vous a fait ce beau récit, Sire? demanda tranquillement M. de Tréville.

-- Qui m’a fait ce beau récit, monsieur! et qui voulez-vous que ce soit, si ce n’est celui qui veille quand je dors

qui travaille quand je m’amuse, qui mène tout au-dedans et au-dehors du royaume, en France comme en

Europe?

-- Sa Majesté veut parler de Dieu, sans doute, dit M. de Tréville, car je ne connais que Dieu qui soit si fort

au-dessus de Sa Majesté.

-- Non monsieur; je veux parler du soutien de l’état, de mon seul serviteur, de mon seul ami, de M. le

cardinal.

-- Son éminence n’est pas Sa Sainteté, Sire.

-- Qu’entendez-vous par là, monsieur?

-- Qu’il n’y a que le pape qui soit infaillible, et que cette infaillibilité ne s’étend pas aux cardinaux.

-- Vous voulez dire qu’il me trompe, vous voulez dire qu’il me trahit. Vous l’accusez alors. Voyons, dites,

avouez franchement que vous l’accusez.

-- Non, Sire; mais je dis qu’il se trompe lui-même, je dis qu’il a été mal renseigné; je dis qu’il a eu hate

d’accuser les mousquetaires de Votre Majesté, pour lesquels il est injuste, et qu’il n’a pas été puiser ses

renseignements aux bonnes sources.

-- L’accusation vient de M. de La Trémouille, du duc lui-même. Que répondrez-vous à cela?

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