饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

第 21 页

作者:法- 大仲马 当前章节:15428 字 更新时间:2026-6-15 21:39

que je projette? Le plaisir de vous voir!

.Je n’ai pas l’espoir de pénétrer à main armée jusqu’à Paris, je le sais bien: mais cette guerre pourra amener

une paix, cette paix nécessitera un négociateur, ce négociateur ce sera moi. On n’osera plus me refuser alors,

et je reviendrai à Paris, et je vous reverrai, et je serai heureux un instant. Des milliers d’hommes, il est vrai,

auront payé mon bonheur de leur vie; mais que m’importera, à moi, pourvu que je vous revoie! Tout cela est

peut- être bien fou, peut-être bien insensé; mais, dites-moi, quelle femme a un amant plus amoureux? quelle

reine a eu un serviteur plus ardent?

-- Milord, Milord, vous invoquez pour votre défense des choses qui vous accusent encore; Milord, toutes ces

preuves d’amour que vous voulez me donner sont presque des crimes.

-- Parce que vous ne m’aimez pas, madame: si vous m’aimiez, vous verriez tout cela autrement, si vous

m’aimiez, oh! mais, si vous m’aimiez, ce serait trop de bonheur et je deviendrais fou. Ah! Mme de Chevreuse

dont vous parliez tout à l’heure, Mme de Chevreuse a été moins cruelle que vous; Holland l’a aimée, et elle a

répondu à son amour.

-- Mme de Chevreuse n’était pas reine, murmura Anne d’Autriche, vaincue malgré elle par l’expression d’un

amour si profond.

-- Vous m’aimeriez donc si vous ne l’étiez pas, vous, madame, dites, vous m’aimeriez donc? Je puis donc

croire que c’est la dignité seule de votre rang qui vous fait cruelle pour moi; je puis donc croire que si vous

eussiez été Mme de Chevreuse, le pauvre Buckingham aurait pu espérer? Merci de ces douces paroles, . ma

belle Majesté, cent fois merci.

-- Ah! Milord, vous avez mal entendu, mal interprété; je n’ai pas voulu dire...

-- Silence! Silence! dit le duc, si je suis heureux d’une erreur, n’ayez pas la cruauté de me l’enlever. Vous

l’avez dit vous-même, on m’a attiré dans un piège, j’y laisserai ma vie peut-être, car, tenez, c’est étrange,

depuis quelque temps j’ai des pressentiments que je vais mourir.. Et le duc sourit d’un sourire triste et

charmant à la fois.

.Oh! mon Dieu! s’écria Anne d’Autriche avec un accent d’effroi qui prouvait quel intérêt plus grand qu’elle

ne le voulait dire elle prenait au duc.

-- Je ne vous dis point cela pour vous effrayer, madame, non; c’est même ridicule ce que je vous dis, et croyez

que je ne me préoccupe point de pareils rêves. Mais ce mot que vous venez de dire, cette espérance que vous

m’avez presque donnée, aura tout payé, f.t-ce même ma vie.

-- Eh bien, dit Anne d’Autriche, moi aussi, duc, moi, j’ai des pressentiments, moi aussi j’ai des rêves. J’ai

songé que je vous voyais couché sanglant, frappé d’une blessure.

-- Au c.té gauche, n’est-ce pas, avec un couteau? interrompit Buckingham.

-- Oui, c’est cela, Milord, c’est cela, au c.té gauche avec un couteau. Qui a pu vous dire que j’avais fait ce

rêve? Je ne l’ai confié qu’à Dieu, et encore dans mes prières.

-- Je n’en veux pas davantage, et vous m’aimez, madame, c’est bien.

-- Je vous aime, moi?

Les trois mousquetaires

-- Oui, vous. Dieu vous enverrait-il les mêmes rêves qu’à moi, si vous ne m’aimiez pas? Aurions-nous les

mêmes pressentiments, si nos deux existences ne se touchaient pas par le coeur? Vous m’aimez, . reine, et

vous me pleurerez?

-- Oh! mon Dieu! mon Dieu! s’écria Anne d’Autriche, c’est plus que je n’en puis supporter. Tenez, duc, au

nom du Ciel, partez, retirez-vous; je ne sais si je vous aime, ou si je ne vous aime pas; mais ce que je sais,

c’est que je ne serai point parjure. Prenez donc pitié de moi, et partez. Oh! si vous êtes frappé en France, si

vous mourez en France, si je pouvais supposer que votre amour pour moi f.t cause de votre mort, je ne me

consolerais jamais, j’en deviendrais folle. Partez donc, partez, je vous en supplie.

-- Oh! que vous êtes belle ainsi! Oh! que je vous aime! dit Buckingham.

-- Partez! partez! je vous en supplie, et revenez plus tard; revenez comme ambassadeur, revenez comme

ministre, revenez entouré de gardes qui vous défendront, de serviteurs qui veilleront sur vous, et alors je ne

craindrai plus pour vos jours, et j’aurai du bonheur à vous revoir.

-- Oh! est-ce bien vrai ce que vous me dites?

-- Oui...

-- Eh bien, un gage de votre indulgence, un objet qui vienne de vous et qui me rappelle que je n’ai point fait

un rêve; quelque chose que vous ayez porté et que je puisse porter à mon tour, une bague, un collier, une

cha.ne.

-- Et partirez-vous, partirez-vous, si je vous donne ce que vous me demandez?

-- Oui.

-- à l’instant même?

-- Oui.

-- Vous quitterez la France, vous retournerez en Angleterre?

-- Oui, je vous le jure!

-- Attendez, alors, attendez..

Et Anne d’Autriche rentra dans son appartement et en sortit presque aussit.t, tenant à la main un petit coffret

en bois de rose à son chiffre, tout incrusté d’or.

.Tenez, Milord duc, tenez, dit-elle, gardez cela en mémoire de moi..

Buckingham prit le coffret et tomba une seconde fois à genoux.

.Vous m’avez promis de partir, dit la reine.

-- Et je tiens ma parole. Votre main, votre main, madame, et je pars..

Anne d’Autriche tendit sa main en fermant les yeux et en s’appuyant de l’autre sur Estefania, car elle sentait

que les forces allaient lui manquer.

Les trois mousquetaires

Buckingham appuya avec passion ses lèvres sur cette belle main, puis se relevant:

.Avant six mois, dit-il, si je ne suis pas mort, je vous aurai revue, madame, dussé-je bouleverser le monde

pour cela..

Et, fidèle à la promesse qu’il avait faite, il s’élan.a hors de l’appartement.

Dans le corridor, il rencontra Mme Bonacieux qui l’attendait, et qui, avec les mêmes précautions et le même

bonheur, le reconduisit hors du Louvre.

CHAPITRE XIII MONSIEUR BONACIEUX

Il y avait dans tout cela, comme on a pu le remarquer, un personnage dont, malgré sa position précaire, on

n’avait paru s’inquiéter que fort médiocrement; ce personnage était M. Bonacieux, respectable martyr des

intrigues politiques et amoureuses qui s’enchevêtraient si bien les unes aux autres, dans cette époque à la fois

si chevaleresque et si galante.

Heureusement -- le lecteur se le rappelle ou ne se le rappelle pas -- heureusement que nous avons promis de ne

pas le perdre de vue.

Les estafiers qui l’avaient arrêté le conduisirent droit à la Bastille, où on le fit passer tout tremblant devant un

peloton de soldats qui chargeaient leurs mousquets.

De là, introduit dans une galerie demi-souterraine, il fut, de la part de ceux qui l’avaient amené, l’objet des

plus grossières injures et des plus farouches traitements. Les sbires voyaient qu’ils n’avaient pas affaire à un

gentilhomme, et ils le traitaient en véritable croquant.

Au bout d’une demi-heure à peu près, un greffier vint mettre fin à ses tortures, mais non pas à ses inquiétudes,

en donnant l’ordre de conduire M. Bonacieux dans la chambre des interrogatoires. Ordinairement on

interrogeait les prisonniers chez eux, mais avec M. Bonacieux on n’y faisait pas tant de fa.ons.

Deux gardes s’emparèrent du mercier, lui firent traverser une cour, le firent entrer dans un corridor où il y

avait trois sentinelles, ouvrirent une porte et le poussèrent dans une chambre basse, où il n’y avait pour tous

meubles qu’une table, une chaise et un commissaire. Le commissaire était assis sur la chaise et occupé à écrire

sur la table.

Les deux gardes conduisirent le prisonnier devant la table et, sur un signe du commissaire, s’éloignèrent hors

de la portée de la voix.

Le commissaire, qui jusque-là avait tenu sa tête baissée sur ses papiers, la releva pour voir à qui il avait

affaire. Ce commissaire était un homme à la mine rébarbative, au nez pointu, aux pommettes jaunes et

saillantes, aux yeux petits mais investigateurs et vifs, à la physionomie tenant à la fois de la fouine et du

renard. Sa tête, supportée par un cou long et mobile, sortait de sa large robe noire en se balan.ant avec un

mouvement à peu près pareil à celui de la tortue tirant sa tête hors de sa carapace.

Il commen.a par demander à M. Bonacieux ses nom et prénoms, son age, son état et son domicile.

L’accusé répondit qu’il s’appelait Jacques-Michel Bonacieux, qu’il était agé de cinquante et un ans, mercier

retiré et qu’il demeurait rue des Fossoyeurs, n° 11.

Le commissaire alors, au lieu de continuer à l’interroger, lui fit un grand discours sur le danger qu’il y a pour

un bourgeois obscur à se mêler des choses publiques.

Les trois mousquetaires

Il compliqua cet exorde d’une exposition dans laquelle il raconta la puissance et les actes de M. le cardinal, ce

ministre incomparable, ce vainqueur des ministres passés, cet exemple des ministres à venir: actes et

puissance que nul ne contrecarrait impunément.

Après cette deuxième partie de son discours, fixant son regard d’épervier sur le pauvre Bonacieux, il l’invita à

réfléchir à la gravité de sa situation.

Les réflexions du mercier étaient toutes faites: il donnait au diable l’instant où M. de La Porte avait eu l’idée

de le marier avec sa filleule, et l’instant surtout où cette filleule avait été re.ue dame de la lingerie chez la

reine.

Le fond du caractère de ma.tre Bonacieux était un profond égo.sme mêlé à une avarice sordide, le tout

assaisonné d’une poltronnerie extrême. L’amour que lui avait inspiré sa jeune femme, étant un sentiment tout

secondaire, ne pouvait lutter avec les sentiments primitifs que nous venons d’énumérer.

Bonacieux réfléchit, en effet, sur ce qu’on venait de lui dire.

.Mais, monsieur le commissaire, dit-il timidement, croyez bien que je connais et que j’apprécie plus que

personne le mérite de l’incomparable éminence par laquelle nous avons l’honneur d’être gouvernés.

-- Vraiment? demanda le commissaire d’un air de doute; mais s’il en était véritablement ainsi, comment

seriez-vous à la Bastille?

-- Comment j’y suis, ou plut.t pourquoi j’y suis, répliqua M. Bonacieux, voilà ce qu’il m’est parfaitement

impossible de vous dire, vu que je l’ignore moi-même; mais, à coup s.r, ce n’est pas pour avoir désobligé,

sciemment du moins, M. le cardinal.

-- Il faut cependant que vous ayez commis un crime, puisque vous êtes ici accusé de haute trahison.

-- De haute trahison! s’écria Bonacieux épouvanté, de haute trahison! et comment voulez-vous qu’un pauvre

mercier qui déteste les huguenots et qui abhorre les Espagnols soit accusé de haute trahison? Réfléchissez,

monsieur, la chose est matériellement impossible.

-- Monsieur Bonacieux, dit le commissaire en regardant l’accusé comme si ses petits yeux avaient la faculté

de lire jusqu’au plus profond des coeurs, monsieur Bonacieux, vous avez une femme?

-- Oui, monsieur, répondit le mercier tout tremblant, sentant que c’était là où les affaires allaient

s’embrouiller; c’est-à-dire, j’en avais une.

-- Comment? vous en aviez une! qu’en avez-vous fait, si vous ne l’avez plus?

-- On me l’a enlevée, monsieur.

-- On vous l’a enlevée? dit le commissaire. Ah!.

Bonacieux sentit à ce .ah!. que l’affaire s’embrouillait de plus en plus.

.On vous l’a enlevée! reprit le commissaire, et savez-vous quel est l’homme qui a commis ce rapt?

-- Je crois le conna.tre.

-- Quel est-il?

Les trois mousquetaires

-- Songez que je n’affirme rien, monsieur le commissaire, et que je soup.onne seulement.

-- Qui soup.onnez-vous? Voyons, répondez franchement..

M. Bonacieux était dans la plus grande perplexité: devait-il tout nier ou tout dire? En niant tout, on pouvait

croire qu’il en savait trop long pour avouer; en disant tout, il faisait preuve de bonne volonté. Il se décida donc

à tout dire.

.Je soup.onne, dit-il, un grand brun, de haute mine, lequel a tout à fait l’air d’un grand seigneur; il nous a

suivis plusieurs fois, à ce qu’il m’a semblé, quand j’attendais ma femme devant le guichet du Louvre pour la

ramener chez moi..

Le commissaire parut éprouver quelque inquiétude.

.Et son nom? dit-il.

-- Oh! quant à son nom, je n’en sais rien, mais si je le rencontre jamais, je le reconna.trai à l’instant même, je

vous en réponds, f.t-il entre mille personnes..

Le front du commissaire se rembrunit.

.Vous le reconna.triez entre mille, dites-vous? continua-t-il...

-- C’est-à-dire, reprit Bonacieux, qui vit qu’il avait fait fausse route, c’est-à-dire...

-- Vous avez répondu que vous le reconna.triez, dit le commissaire; c’est bien, en voici assez pour

aujourd’hui; il faut, avant que nous allions plus loin, que quelqu’un soit prévenu que vous connaissez le

ravisseur de votre femme.

-- Mais je ne vous ai pas dit que je le connaissais! s’écria Bonacieux au désespoir. Je vous ai dit au contraire...

-- Emmenez le prisonnier, dit le commissaire aux deux gardes.

-- Et où faut-il le conduire? demanda le greffier.

-- Dans un cachot.

-- Dans lequel?

-- Oh! mon Dieu, dans le premier venu, pourvu qu’il ferme bien., répondit le commissaire avec une

indifférence qui pénétra d’horreur le pauvre Bonacieux.

.Hélas! hélas! se dit-il, le malheur est sur ma tête; ma femme aura commis quelque crime effroyable; on me

croit son complice, et l’on me punira avec elle: elle en aura parlé, elle aura avoué qu’elle m’avait tout dit; une

femme, c’est si faible! Un cachot, le premier venu! c’est cela! une nuit est bient.t passée; et demain, à la roue,

à la potence! Oh! mon Dieu! mon Dieu! ayez pitié de moi!.

Sans écouter le moins du monde les lamentations de ma.tre Bonacieux, lamentations auxquelles d’ailleurs ils

devaient être habitués, les deux gardes prirent le prisonnier par un bras, et l’emmenèrent, tandis que le

commissaire écrivait en hate une lettre que son greffier attendait.

Bonacieux ne ferma pas l’oeil, non pas que son cachot f.t par trop désagréable, mais parce que ses

Les trois mousquetaires

inquiétudes étaient trop grandes. Il resta toute la nuit sur son escabeau, tressaillant au moindre bruit; et quand

les premiers rayons du jour se glissèrent dans sa chambre, l’aurore lui parut avoir pris des teintes funèbres.

Tout à coup, il entendit tirer les verrous, et il fit un soubresaut terrible. Il croyait qu’on venait le chercher pour

le conduire à l’échafaud; aussi, lorsqu’il vit purement et simplement para.tre, au lieu de l’exécuteur qu’il

attendait, son commissaire et son greffier de la veille, il fut tout près de leur sauter au cou.

目录
设置
设置
阅读主题
字体风格
雅黑 宋体 楷书 卡通
字体大小
适中 偏大 超大
保存设置
恢复默认
手机
手机阅读
扫码获取链接,使用浏览器打开
书架同步,随时随地,手机阅读
首 页 < 上一章 章节列表 下一章 > 尾 页