饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

第 3 页

作者:法- 大仲马 当前章节:15361 字 更新时间:2026-6-15 21:39

-- Si fait, et comme Votre Excellence a pu le voir, son cheval est sous la grande porte, tout appareillé pour

partir.

-- C’est bien, faites ce que je vous ai dit alors..

.Ouais! se dit l’h.te, aurait-il peur du petit gar.on?.

Mais un coup d’oeil impératif de l’inconnu vint l’arrêter court. Il salua humblement et sortit.

.Il ne faut pas que Milady soit aper.ue de ce dr.le, continua l’étranger: elle ne doit pas tarder à passer: déjà

même elle est en retard. Décidément, mieux vaut que je monte à cheval et que j’aille au-devant d’elle... Si

seulement je pouvais savoir ce que contient cette lettre adressée à Tréville!.

Et l’inconnu, tout en marmottant, se dirigea vers la cuisine.

Pendant ce temps, l’h.te, qui ne doutait pas que ce ne f.t la présence du jeune gar.on qui chassat l’inconnu de

son h.tellerie, était remonté chez sa femme et avait trouvé d’Artagnan ma.tre enfin de ses esprits. Alors, tout

en lui faisant comprendre que la police pourrait bien lui faire un mauvais parti pour avoir été chercher querelle

à un grand seigneur -- car, à l’avis de l’h.te, l’inconnu ne pouvait être qu’un grand seigneur --, il le détermina,

malgré sa faiblesse, à se lever et à continuer son chemin. D’Artagnan à moitié abasourdi, sans pourpoint et la

tête tout emmaillotée de linges, se leva donc et, poussé par l’h.te, commen.a de descendre; mais, en arrivant à

la cuisine, la première chose qu’il aper.ut fut son provocateur qui causait tranquillement au marchepied d’un

lourd carrosse attelé de deux gros chevaux normands.

Son interlocutrice, dont la tête apparaissait encadrée par la portière, était une femme de vingt à vingt-deux ans.

Nous avons déjà dit avec quelle rapidité d’investigation d’Artagnan embrassait toute une physionomie; il vit

donc du premier coup d’oeil que la femme était jeune et belle. Or cette beauté le frappa d’autant plus qu’elle

était parfaitement étrangère aux pays méridionaux que jusque-là d’Artagnan avait habités. C’était une pale et

blonde personne, aux longs cheveux bouclés tombant sur ses épaules, aux grands yeux bleus languissants, aux

lèvres rosées et aux mains d’albatre. Elle causait très vivement avec l’inconnu.

.Ainsi, Son éminence m’ordonne..., disait la dame.

-- De retourner à l’instant même en Angleterre, et de la prévenir directement si le duc quittait Londres.

-- Et quant à mes autres instructions? demanda la belle voyageuse.

-- Elles sont renfermées dans cette bo.te, que vous n’ouvrirez que de l’autre c.té de la Manche.

Les trois mousquetaires

-- Très bien; et vous, que faites-vous?

-- Moi, je retourne à Paris.

-- Sans chatier cet insolent petit gar.on?. demanda la dame.

L’inconnu allait répondre: mais, au moment où il ouvrait la bouche, d’Artagnan, qui avait tout entendu,

s’élan.a sur le seuil de la porte.

.C’est cet insolent petit gar.on qui chatie les autres, s’écria-t- il, et j’espère bien que cette fois-ci celui qu’il

doit chatier ne lui échappera pas comme la première.

-- Ne lui échappera pas? reprit l’inconnu en fron.ant le sourcil.

-- Non, devant une femme, vous n’oseriez pas fuir, je présume.

-- Songez, s’écria Milady en voyant le gentilhomme porter la main à son épée, songez que le moindre retard

peut tout perdre.

-- Vous avez raison, s’écria le gentilhomme; partez donc de votre c.té, moi, je pars du mien..

Et, saluant la dame d’un signe de tête, il s’élan.a sur son cheval, tandis que le cocher du carrosse fouettait

vigoureusement son attelage. Les deux interlocuteurs partirent donc au galop, s’éloignant chacun par un c.té

opposé de la rue.

.Eh! votre dépense., vociféra l’h.te, dont l’affection pour son voyageur se changeait en un profond dédain en

voyant qu’il s’éloignait sans solder ses comptes.

.Paie, maroufle., s’écria le voyageur toujours galopant à son laquais, lequel jeta aux pieds de l’h.te deux ou

trois pièces d’argent et se mit à galoper après son ma.tre.

.Ah! lache, ah! misérable, ah! faux gentilhomme!. cria d’Artagnan s’élan.ant à son tour après le laquais.

Mais le blessé était trop faible encore pour supporter une pareille secousse. à peine eut-il fait dix pas, que ses

oreilles tintèrent, qu’un éblouissement le prit, qu’un nuage de sang passa sur ses yeux et qu’il tomba au milieu

de la rue, en criant encore:

.Lache! lache! lache!

-- Il est en effet bien lache., murmura l’h.te en s’approchant de d’Artagnan, et essayant par cette flatterie de

se raccommoder avec le pauvre gar.on, comme le héron de la fable avec son lima.on du soir.

.Oui, bien lache, murmura d’Artagnan; mais elle, bien belle!

-- Qui, elle? demanda l’h.te.

-- Milady., balbutia d’Artagnan.

Et il s’évanouit une seconde fois.

.C’est égal, dit l’h.te, j’en perds deux, mais il me reste celui- là, que je suis s.r de conserver au moins

quelques jours. C’est toujours onze écus de gagnés..

Les trois mousquetaires

On sait que onze écus faisaient juste la somme qui restait dans la bourse de d’Artagnan.

L’h.te avait compté sur onze jours de maladie à un écu par jour; mais il avait compté sans son voyageur. Le

lendemain, dès cinq heures du matin, d’Artagnan se leva, descendit lui-même à la cuisine, demanda, outre

quelques autres ingrédients dont la liste n’est pas parvenue jusqu’à nous, du vin, de l’huile, du romarin, et, la

recette de sa mère à la main, se composa un baume dont il oignit ses nombreuses blessures, renouvelant ses

compresses lui- même et ne voulant admettre l’adjonction d’aucun médecin. Grace sans doute à l’efficacité du

baume de Bohême, et peut-être aussi grace à l’absence de tout docteur, d’Artagnan se trouva sur pied dès le

soir même, et à peu près guéri le lendemain.

Mais, au moment de payer ce romarin, cette huile et ce vin, seule dépense du ma.tre qui avait gardé une diète

absolue, tandis qu’au contraire le cheval jaune, au dire de l’h.telier du moins, avait mangé trois fois plus

qu’on n’e.t raisonnablement pu le supposer pour sa taille, d’Artagnan ne trouva dans sa poche que sa petite

bourse de velours rapé ainsi que les onze écus qu’elle contenait; mais quant à la lettre adressée à M. de

Tréville, elle avait disparu.

Le jeune homme commen.a par chercher cette lettre avec une grande patience, tournant et retournant vingt

fois ses poches et ses goussets, fouillant et refouillant dans son sac, ouvrant et refermant sa bourse; mais

lorsqu’il eut acquis la conviction que la lettre était introuvable, il entra dans un troisième accès de rage, qui

faillit lui occasionner une nouvelle consommation de vin et d’huile aromatisés: car, en voyant cette jeune

mauvaise tête s’échauffer et menacer de tout casser dans l’établissement si l’on ne retrouvait pas sa lettre,

l’h.te s’était déjà saisi d’un épieu, sa femme d’un manche à balai, et ses gar.ons des mêmes batons qui

avaient servi la surveille.

.Ma lettre de recommandation! s’écria d’Artagnan, ma lettre de recommandation, sangdieu! ou je vous

embroche tous comme des ortolans!.

Malheureusement une circonstance s’opposait à ce que le jeune homme accompl.t sa menace: c’est que,

comme nous l’avons dit, son épée avait été, dans sa première lutte, brisée en deux morceaux, ce qu’il avait

parfaitement oublié. Il en résulta que, lorsque d’Artagnan voulut en effet dégainer, il se trouva purement et

simplement armé d’un tron.on d’épée de huit ou dix pouces à peu près, que l’h.te avait soigneusement

renfoncé dans le fourreau. Quant au reste de la lame, le chef l’avait adroitement détourné pour s’en faire une

lardoire.

Cependant cette déception n’e.t probablement pas arrêté notre fougueux jeune homme, si l’h.te n’avait

réfléchi que la réclamation que lui adressait son voyageur était parfaitement juste.

.Mais, au fait, dit-il en abaissant son épieu, où est cette lettre?

-- Oui, où est cette lettre? cria d’Artagnan. D’abord, je vous en préviens, cette lettre est pour M. de Tréville, et

il faut qu’elle se retrouve; ou si elle ne se retrouve pas, il saura bien la faire retrouver, lui!.

Cette menace acheva d’intimider l’h.te. Après le roi et M. le cardinal, M. de Tréville était l’homme dont le

nom peut-être était le plus souvent répété par les militaires et même par les bourgeois. Il y avait bien le père

Joseph, c’est vrai; mais son nom à lui n’était jamais prononcé que tout bas, tant était grande la terreur

qu’inspirait l’éminence grise, comme on appelait le familier du cardinal.

Aussi, jetant son épieu loin de lui, et ordonnant à sa femme d’en faire autant de son manche à balai et à ses

valets de leurs batons, il donna le premier l’exemple en se mettant lui-même à la recherche de la lettre perdue.

.Est-ce que cette lettre renfermait quelque chose de précieux? demanda l’h.te au bout d’un instant

d’investigations inutiles.

Les trois mousquetaires

-- Sandis! je le crois bien! s’écria le Gascon qui comptait sur cette lettre pour faire son chemin à la cour; elle

contenait ma fortune.

-- Des bons sur l’épargne? demanda l’h.te inquiet.

-- Des bons sur la trésorerie particulière de Sa Majesté., répondit d’Artagnan, qui, comptant entrer au service

du roi grace à cette recommandation, croyait pouvoir faire sans mentir cette réponse quelque peu hasardée.

.Diable! fit l’h.te tout à fait désespéré.

-- Mais il n’importe, continua d’Artagnan avec l’aplomb national, il n’importe, et l’argent n’est rien: -- cette

lettre était tout. J’eusse mieux aimé perdre mille pistoles que de la perdre..

Il ne risquait pas davantage à dire vingt mille, mais une certaine pudeur juvénile le retint.

Un trait de lumière frappa tout à coup l’esprit de l’h.te qui se donnait au diable en ne trouvant rien.

.Cette lettre n’est point perdue, s’écria-t-il.

-- Ah! fit d’Artagnan.

-- Non; elle vous a été prise.

-- Prise! et par qui?

-- Par le gentilhomme d’hier. Il est descendu à la cuisine, où était votre pourpoint. Il y est resté seul. Je

gagerais que c’est lui qui l’a volée.

-- Vous croyez?. répondit d’Artagnan peu convaincu; car il savait mieux que personne l’importance toute

personnelle de cette lettre, et n’y voyait rien qui p.t tenter la cupidité. Le fait est qu’aucun des valets, aucun

des voyageurs présents n’e.t rien gagné à posséder ce papier.

.Vous dites donc, reprit d’Artagnan, que vous soup.onnez cet impertinent gentilhomme.

-- Je vous dis que j’en suis s.r, continua l’h.te; lorsque je lui ai annoncé que Votre Seigneurie était le protégé

de M. de Tréville, et que vous aviez même une lettre pour cet illustre gentilhomme, il a paru fort inquiet, m’a

demandé où était cette lettre, et est descendu immédiatement à la cuisine où il savait qu’était votre pourpoint.

-- Alors c’est mon voleur, répondit d’Artagnan; je m’en plaindrai à M. de Tréville, et M. de Tréville s’en

plaindra au roi.. Puis il tira majestueusement deux écus de sa poche, les donna à l’h.te, qui l’accompagna, le

chapeau à la main, jusqu’à la porte, remonta sur son cheval jaune, qui le conduisit sans autre incident jusqu’à

la porte Saint-Antoine à Paris, où son propriétaire le vendit trois écus, ce qui était fort bien payé, attendu que

d’Artagnan l’avait fort surmené pendant la dernière étape. Aussi le maquignon auquel d’Artagnan le céda

moyennant les neuf livres susdites ne cacha-t-il point au jeune homme qu’il n’en donnait cette somme

exorbitante qu’à cause de l’originalité de sa couleur.

D’Artagnan entra donc dans Paris à pied, portant son petit paquet sous son bras, et marcha tant qu’il trouvat à

louer une chambre qui conv.nt à l’exigu.té de ses ressources. Cette chambre fut une espèce de mansarde, sise

rue des Fossoyeurs, près du Luxembourg.

Aussit.t le denier à Dieu donné, d’Artagnan prit possession de son logement, passa le reste de la journée à

coudre à son pourpoint et à ses chausses des passementeries que sa mère avait détachées d’un pourpoint

Les trois mousquetaires

presque neuf de M. d’Artagnan père, et qu’elle lui avait données en cachette; puis il alla quai de la Ferraille,

faire remettre une lame à son épée; puis il revint au Louvre s’informer, au premier mousquetaire qu’il

rencontra, de la situation de l’h.tel de M. de Tréville, lequel était situé rue du Vieux- Colombier, c’est-à-dire

justement dans le voisinage de la chambre arrêtée par d’Artagnan: circonstance qui lui parut d’un heureux

augure pour le succès de son voyage.

Après quoi, content de la fa.on dont il s’était conduit à Meung, sans remords dans le passé, confiant dans le

présent et plein d’espérance dans l’avenir, il se coucha et s’endormit du sommeil du brave.

Ce sommeil, tout provincial encore, le conduisit jusqu’à neuf heures du matin, heure à laquelle il se leva pour

se rendre chez ce fameux M. de Tréville, le troisième personnage du royaume d’après l’estimation paternelle.

CHAPITRE II L’ANTICHAMBRE DE M. DE TRéVILLE

M. de Troisvilles, comme s’appelait encore sa famille en Gascogne, ou M. de Tréville, comme il avait fini par

s’appeler lui-même à Paris, avait réellement commencé comme d’Artagnan, c’est-à-dire sans un sou vaillant,

mais avec ce fonds d’audace, d’esprit et d’entendement qui fait que le plus pauvre gentillatre gascon re.oit

souvent plus en ses espérances de l’héritage paternel que le plus riche gentilhomme périgourdin ou berrichon

ne re.oit en réalité. Sa bravoure insolente, son bonheur plus insolent encore dans un temps où les coups

pleuvaient comme grêle, l’avaient hissé au sommet de cette échelle difficile qu’on appelle la faveur de cour, et

dont il avait escaladé quatre à quatre les échelons.

Il était l’ami du roi, lequel honorait fort, comme chacun sait, la mémoire de son père Henri IV. Le père de M.

de Tréville l’avait si fidèlement servi dans ses guerres contre la Ligue, qu’à défaut d’argent comptant -- chose

qui toute la vie manqua au Béarnais, lequel paya constamment ses dettes avec la seule chose qu’il n’e.t jamais

besoin d’emprunter, c’est-à-dire avec de l’esprit --, qu’à défaut d’argent comptant, disons-nous, il l’avait

autorisé, après la reddition de Paris, à prendre pour armes un lion d’or passant sur gueules avec cette devise:

Fidelis et fortis. C’était beaucoup pour l’honneur, mais c’était médiocre pour le bien-être. Aussi, quand

l’illustre compagnon du grand Henri mourut, il laissa pour seul héritage à monsieur son fils son épée et sa

devise. Grace à ce double don et au nom sans tache qui l’accompagnait, M. de Tréville fut admis dans la

目录
设置
设置
阅读主题
字体风格
雅黑 宋体 楷书 卡通
字体大小
适中 偏大 超大
保存设置
恢复默认
手机
手机阅读
扫码获取链接,使用浏览器打开
书架同步,随时随地,手机阅读
首 页 < 上一章 章节列表 下一章 > 尾 页