饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15435 字 更新时间:2026-6-15 21:39

que la première fois.

D’Artagnan raconta na.vement son histoire, aux noms près; il dit comment il avait rendez-vous avec une jeune

femme devant ce pavillon, et comment, ne la voyant pas venir, il était monté sur le tilleul et, à la lueur de la

lampe, il avait vu le désordre de la chambre.

Le vieillard l’écouta attentivement, tout en faisant signe que c’était bien cela: puis, lorsque d’Artagnan eut

fini, il hocha la tête d’un air qui n’annon.ait rien de bon.

Les trois mousquetaires

.Que voulez-vous dire? s’écria d’Artagnan. Au nom du Ciel! voyons, expliquez-vous.

-- Oh! monsieur, dit le vieillard, ne me demandez rien; car si je vous disais ce que j’ai vu, bien certainement il

ne m’arriverait rien de bon.

-- Vous avez donc vu quelque chose? reprit d’Artagnan. En ce cas, au nom du Ciel! continua-t-il en lui jetant

une pistole, dites, dites ce que vous avez vu, et je vous donne ma foi de gentilhomme que pas une de vos

paroles ne sortira de mon coeur..

Le vieillard lut tant de franchise et de douleur sur le visage de d’Artagnan, qu’il lui fit signe d’écouter et qu’il

lui dit à voix basse:

.Il était neuf heures à peu près, j’avais entendu quelque bruit dans la rue et je désirais savoir ce que ce pouvait

être, lorsqu’en m’approchant de ma porte je m’aper.us qu’on cherchait à entrer. Comme je suis pauvre et que

je n’ai pas peur qu’on me vole, j’allai ouvrir et je vis trois hommes à quelques pas de là. Dans l’ombre était un

carrosse avec des chevaux attelés et des chevaux de main. Ces chevaux de main appartenaient évidemment

aux trois hommes qui étaient vêtus en cavaliers.

.-- Ah, mes bons messieurs! m’écriai-je, que demandez-vous?

.-- Tu dois avoir une échelle? me dit celui qui paraissait le chef de l’escorte.

.-- Oui, monsieur; celle avec laquelle je cueille mes fruits.

.-- Donne-nous la, et rentre chez toi, voilà un écu pour le dérangement que nous te causons. Souviens-toi

seulement que si tu dis un mot de ce que tu vas voir et de ce que tu vas entendre (car tu regarderas et tu

écouteras, quelque menace que nous te fassions, j’en suis s.r), tu es perdu.

.à ces mots, il me jeta un écu, que je ramassai, et il prit mon échelle.

.Effectivement, après avoir refermé la porte de la haie derrière eux, je fis semblant de rentrer à la maison;

mais j’en sortis aussit.t par la porte de derrière, et, me glissant dans l’ombre, je parvins jusqu’à cette touffe de

sureau, du milieu de laquelle je pouvais tout voir sans être vu.

.Les trois hommes avaient fait avancer la voiture sans aucun bruit, ils en tirèrent un petit homme, gros, court,

grisonnant, mesquinement vêtu de couleur sombre, lequel monta avec précaution à l’échelle, regarda

sournoisement dans l’intérieur de la chambre, redescendit à pas de loup et murmura à voix basse:

.-- C’est elle!

.Aussit.t celui qui m’avait parlé s’approcha de la porte du pavillon, l’ouvrit avec une clef qu’il portait sur lui,

referma la porte et disparut, en même temps les deux autres hommes montèrent à l’échelle. Le petit vieux

demeurait à la portière, le cocher maintenait les chevaux de la voiture, et un laquais les chevaux de selle.

Tout à coup de grands cris retentirent dans le pavillon, une femme accourut à la fenêtre et l’ouvrit comme

pour se précipiter. Mais aussit.t qu’elle aper.ut les deux hommes, elle se rejeta en arrière; les deux hommes

s’élancèrent après elle dans la chambre.

Alors je ne vis plus rien; mais j’entendis le bruit des meubles que l’on brise. La femme criait et appelait au

secours. Mais bient.t ses cris furent étouffés; les trois hommes se rapprochèrent de la fenêtre, emportant la

femme dans leurs bras; deux descendirent par l’échelle et la transportèrent dans la voiture, où le petit vieux

entra après elle. Celui qui était resté dans le pavillon referma la croisée, sortit un instant après par la porte et

Les trois mousquetaires

s’assura que la femme était bien dans la voiture: ses deux compagnons l’attendaient déjà à cheval, il sauta à

son tour en selle, le laquais reprit sa place près du cocher; le carrosse s’éloigna au galop escorté par les trois

cavaliers, et tout fut fini. à partir de ce moment-là, je n’ai plus rien vu, rien entendu..

D’Artagnan, écrasé par une si terrible nouvelle, resta immobile et muet, tandis que tous les démons de la

colère et de la jalousie hurlaient dans son coeur.

.Mais, mon gentilhomme, reprit le vieillard, sur lequel ce muet désespoir causait certes plus d’effet que n’en

eussent produit des cris et des larmes; allons, ne vous désolez pas, ils ne vous l’ont pas tuée, voilà l’essentiel.

-- Savez-vous à peu près, dit d’Artagnan, quel est l’homme qui conduisait cette infernale expédition?

-- Je ne le connais pas.

-- Mais puisqu’il vous a parlé, vous avez pu le voir.

-- Ah! c’est son signalement que vous me demandez?

-- Oui.

-- Un grand sec, basané, moustaches noires, oeil noir, l’air d’un gentilhomme.

-- C’est cela, s’écria d’Artagnan; encore lui! toujours lui! C’est mon démon, à ce qu’il para.t! Et l’autre?

-- Lequel?

-- Le petit.

-- Oh! celui-là n’est pas un seigneur, j’en réponds: d’ailleurs il ne portait pas l’épée, et les autres le traitaient

sans aucune considération.

-- Quelque laquais, murmura d’Artagnan. Ah! pauvre femme! pauvre femme! qu’en ont-ils fait?

-- Vous m’avez promis le secret, dit le vieillard.

-- Et je vous renouvelle ma promesse, soyez tranquille, je suis gentilhomme. Un gentilhomme n’a que sa

parole, et je vous ai donné la mienne..

D’Artagnan reprit, l’ame navrée, le chemin du bac. Tant.t il ne pouvait croire que ce f.t Mme Bonacieux, et il

espérait le lendemain la retrouver au Louvre; tant.t il craignait qu’elle n’e.t eu une intrigue avec quelque

autre et qu’un jaloux ne l’e.t surprise et fait enlever. Il flottait, il se désolait, il se désespérait.

.Oh! si j’avais là mes amis! s’écriait-il, j’aurais au moins quelque espérance de la retrouver; mais qui sait ce

qu’ils sont devenus eux-mêmes!.

Il était minuit à peu près; il s’agissait de retrouver Planchet. D’Artagnan se fit ouvrir successivement tous les

cabarets dans lesquels il aper.ut un peu de lumière; dans aucun d’eux il ne retrouva Planchet.

Au sixième, il commen.a de réfléchir que la recherche était un peu hasardée. D’Artagnan n’avait donné

rendez-vous à son laquais qu’à six heures du matin, et quelque part qu’il f.t, il était dans son droit.

D’ailleurs, il vint au jeune homme cette idée, qu’en restant aux environs du lieu où l’événement s’était passé,

Les trois mousquetaires

il obtiendrait peut-être quelque éclaircissement sur cette mystérieuse affaire. Au sixième cabaret, comme nous

l’avons dit, d’Artagnan s’arrêta donc, demanda une bouteille de vin de première qualité, s’accouda dans

l’angle le plus obscur et se décida à attendre ainsi le jour; mais cette fois encore son espérance fut trompée, et

quoiqu’il écoutat de toutes ses oreilles, il n’entendit, au milieu des jurons, des lazzi et des injures

qu’échangeaient entre eux les ouvriers, les laquais et les rouliers qui composaient l’honorable société dont il

faisait partie, rien qui p.t le mettre sur la trace de la pauvre femme enlevée. Force lui fut donc, après avoir

avalé sa bouteille par désoeuvrement et pour ne pas éveiller des soup.ons, de chercher dans son coin la

posture la plus satisfaisante possible et de s’endormir tant bien que mal. D’Artagnan avait vingt ans, on se le

rappelle, et à cet age le sommeil a des droits imprescriptibles qu’il réclame impérieusement, même sur les

coeurs les plus désespérés.

Vers six heures du matin, d’Artagnan se réveilla avec ce malaise qui accompagne ordinairement le point du

jour après une mauvaise nuit. Sa toilette n’était pas longue à faire; il se tata pour savoir si on n’avait pas

profité de son sommeil pour le voler, et ayant retrouvé son diamant à son doigt, sa bourse dans sa poche et ses

pistolets à sa ceinture, il se leva, paya sa bouteille et sortit pour voir s’il n’aurait pas plus de bonheur dans la

recherche de son laquais le matin que la nuit. En effet, la première chose qu’il aper.ut à travers le brouillard

humide et grisatre fut l’honnête Planchet qui, les deux chevaux en main, l’attendait à la porte d’un petit

cabaret borgne devant lequel d’Artagnan était passé sans même soup.onner son existence.

CHAPITRE XXV PORTHOS

Au lieu de rentrer chez lui directement, d’Artagnan mit pied à terre à la porte de M. de Tréville, et monta

rapidement l’escalier. Cette fois, il était décidé à lui raconter tout ce qui venait de se passer. Sans doute il lui

donnerait de bons conseils dans toute cette affaire; puis, comme M. de Tréville voyait presque journellement

la reine, il pourrait peut-être tirer de Sa Majesté quelque renseignement sur la pauvre femme à qui l’on faisait

sans doute payer son dévouement à sa ma.tresse.

M. de Tréville écouta le récit du jeune homme avec une gravité qui prouvait qu’il voyait autre chose, dans

toute cette aventure, qu’une intrigue d’amour; puis, quand d’Artagnan eut achevé:

.Hum! dit-il, tout ceci sent Son éminence d’une lieue.

-- Mais, que faire? dit d’Artagnan.

-- Rien, absolument rien, à cette heure, que quitter Paris, comme je vous l’ai dit, le plus t.t possible. Je verrai

la reine, je lui raconterai les détails de la disparition de cette pauvre femme, qu’elle ignore sans doute; ces

détails la guideront de son c.té, et, à votre retour, peut-être aurai-je quelque bonne nouvelle à vous dire.

Reposez vous en sur moi..

D’Artagnan savait que, quoique Gascon, M. de Tréville n’avait pas l’habitude de promettre, et que lorsque par

hasard il promettait, il tenait plus qu’il n’avait promis. Il le salua donc, plein de reconnaissance pour le passé

et pour l’avenir, et le digne capitaine, qui de son c.té éprouvait un vif intérêt pour ce jeune homme si brave et

si résolu, lui serra affectueusement la main en lui souhaitant un bon voyage.

Décidé à mettre les conseils de M. de Tréville en pratique à l’instant même, d’Artagnan s’achemina vers la rue

des Fossoyeurs, afin de veiller à la confection de son portemanteau. En s’approchant de sa maison, il reconnut

M. Bonacieux en costume du matin, debout sur le seuil de sa porte. Tout ce que lui avait dit, la veille, le

prudent Planchet sur le caractère sinistre de son h.te revint alors à l’esprit de d’Artagnan, qui le regarda plus

attentivement qu’il n’avait fait encore. En effet, outre cette paleur jaunatre et maladive qui indique

l’infiltration de la bile dans le sang et qui pouvait d’ailleurs n’être qu’accidentelle, d’Artagnan remarqua

quelque chose de sournoisement perfide dans l’habitude des rides de sa face. Un fripon ne rit pas de la même

fa.on qu’un honnête homme, un hypocrite ne pleure pas les mêmes larmes qu’un homme de bonne foi. Toute

Les trois mousquetaires

fausseté est un masque, et si bien fait que soit le masque, on arrive toujours, avec un peu d’attention, à le

distinguer du visage.

Il sembla donc à d’Artagnan que M. Bonacieux portait un masque, et même que ce masque était des plus

désagréables à voir.

En conséquence il allait, vaincu par sa répugnance pour cet homme, passer devant lui sans lui parler, quand,

ainsi que la veille, M. Bonacieux l’interpella.

.Eh bien, jeune homme, lui dit-il, il para.t que nous faisons de grasses nuits? Sept heures du matin, peste! Il

me semble que vous retournez tant soit peu les habitudes re.ues, et que vous rentrez à l’heure où les autres

sortent.

-- On ne vous fera pas le même reproche, ma.tre Bonacieux, dit le jeune homme, et vous êtes le modèle des

gens rangés. Il est vrai que lorsque l’on possède une jeune et jolie femme, on n’a pas besoin de courir après le

bonheur: c’est le bonheur qui vient vous trouver; n’est-ce pas, monsieur Bonacieux?.

Bonacieux devint pale comme la mort et grima.a un sourire.

.Ah! ah! dit Bonacieux, vous êtes un plaisant compagnon. Mais où diable avez-vous été courir cette nuit, mon

jeune ma.tre? Il para.t qu’il ne faisait pas bon dans les chemins de traverse..

D’Artagnan baissa les yeux vers ses bottes toutes couvertes de boue; mais dans ce mouvement ses regards se

portèrent en même temps sur les souliers et les bas du mercier; on e.t dit qu’on les avait trempés dans le

même bourbier; les uns et les autres étaient maculés de taches absolument pareilles.

Alors une idée subite traversa l’esprit de d’Artagnan. Ce petit homme gros, court, grisonnant, cette espèce de

laquais vêtu d’un habit sombre, traité sans considération par les gens d’épée qui composaient l’escorte, c’était

Bonacieux lui-même. Le mari avait présidé à l’enlèvement de sa femme.

Il prit à d’Artagnan une terrible envie de sauter à la gorge du mercier et de l’étrangler; mais, nous l’avons dit,

c’était un gar.on fort prudent, et il se contint. Cependant la révolution qui s’était faite sur son visage était si

visible, que Bonacieux en fut effrayé et essaya de reculer d’un pas; mais justement il se trouvait devant le

battant de la porte, qui était fermée, et l’obstacle qu’il rencontra le for.a de se tenir à la même place.

.Ah .à! mais vous qui plaisantez, mon brave homme, dit d’Artagnan, il me semble que si mes bottes ont

besoin d’un coup d’éponge, vos bas et vos souliers réclament aussi un coup de brosse. Est-ce que de votre

c.té vous auriez couru la prétantaine, ma.tre Bonacieux? Ah! diable, ceci ne serait point pardonnable à un

homme de votre age et qui, de plus, a une jeune et jolie femme comme la v.tre.

-- Oh! mon Dieu, non, dit Bonacieux; mais hier j’ai été à Saint- Mandé pour prendre des renseignements sur

une servante dont je ne puis absolument me passer, et comme les chemins étaient mauvais, j’en ai rapporté

toute cette fange, que je n’ai pas encore eu le temps de faire dispara.tre..

Le lieu que désignait Bonacieux comme celui qui avait été le but de sa course fut une nouvelle preuve à

l’appui des soup.ons qu’avait con.us d’Artagnan. Bonacieux avait dit Saint-Mandé, parce que Saint-Mandé

est le point absolument opposé à Saint-Cloud.

Cette probabilité lui fut une première consolation. Si Bonacieux savait où était sa femme, on pourrait toujours,

en employant des moyens extrêmes, forcer le mercier à desserrer les dents et à laisser échapper son secret. Il

s’agissait seulement de changer cette probabilité en certitude.

Les trois mousquetaires

.Pardon, mon cher monsieur Bonacieux, si j’en use avec vous sans fa.on, dit d’Artagnan; mais rien n’altère

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