饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

第 49 页

作者:法- 大仲马 当前章节:15456 字 更新时间:2026-6-15 21:39

.Une personne qui s’intéresse à vous plus qu’elle ne peut le dire voudrait savoir quel jour vous serez en état

Les trois mousquetaires

de vous promener dans la forêt. Demain, à l’h.tel du Champ du Drap d’Or, un laquais noir et rouge attendra

votre réponse..

.Oh! oh! se dit d’Artagnan, voilà qui est un peu vif. Il para.t que Milady et moi nous sommes en peine de la

santé de la même personne. Eh bien, Planchet, comment se porte ce bon M. de Wardes? il n’est donc pas

mort?

-- Non, monsieur, il va aussi bien qu’on peut aller avec quatre coups d’épée dans le corps, car vous lui en

avez, sans reproche, allongé quatre, à ce cher gentilhomme, et il est encore bien faible, ayant perdu presque

tout son sang. Comme je l’avais dit à monsieur, Lubin ne m’a pas reconnu, et m’a raconté d’un bout à l’autre

notre aventure.

-- Fort bien, Planchet, tu es le roi des laquais; maintenant, remonte à cheval et rattrapons le carrosse..

Ce ne fut pas long; au bout de cinq minutes on aper.ut le carrosse arrêté sur le revers de la route, un cavalier

richement vêtu se tenait à la portière.

La conversation entre Milady et le cavalier était tellement animée, que d’Artagnan s’arrêta de l’autre c.té du

carrosse sans que personne autre que la jolie soubrette s’aper..t de sa présence.

La conversation avait lieu en anglais, langue que d’Artagnan ne comprenait pas; mais, à l’accent, le jeune

homme crut deviner que la belle Anglaise était fort en colère; elle termina par un geste qui ne lui laissa point

de doute sur la nature de cette conversation: c’était un coup d’éventail appliqué de telle force, que le petit

meuble féminin vola en mille morceaux.

Le cavalier poussa un éclat de rire qui parut exaspérer Milady.

D’Artagnan pensa que c’était le moment d’intervenir; il s’approcha de l’autre portière, et se découvrant

respectueusement:

.Madame, dit-il, me permettez-vous de vous offrir mes services? Il me semble que ce cavalier vous a mise en

colère. Dites un mot, madame, et je me charge de le punir de son manque de courtoisie..

Aux premières paroles, Milady s’était retournée, regardant le jeune homme avec étonnement, et lorsqu’il eut

fini:

.Monsieur, dit-elle en très bon fran.ais, ce serait de grand coeur que je me mettrais sous votre protection si la

personne qui me querelle n’était point mon frère.

-- Ah! excusez-moi, alors, dit d’Artagnan, vous comprenez que j’ignorais cela, madame.

-- De quoi donc se mêle cet étourneau, s’écria en s’abaissant à la hauteur de la portière le cavalier que Milady

avait désigné comme son parent, et pourquoi ne passe-t-il pas son chemin?

-- étourneau vous-même, dit d’Artagnan en se baissant à son tour sur le cou de son cheval, et en répondant de

son c.té par la portière; je ne passe pas mon chemin parce qu’il me pla.t de m’arrêter ici..

Le cavalier adressa quelques mots en anglais à sa soeur.

.Je vous parle fran.ais, moi, dit d’Artagnan; faites-moi donc, je vous prie, le plaisir de me répondre dans la

même langue. Vous êtes le frère de madame, soit, mais vous n’êtes pas le mien, heureusement..

Les trois mousquetaires

On e.t pu croire que Milady, craintive comme l’est ordinairement une femme, allait s’interposer dans ce

commencement de provocation, afin d’empêcher que la querelle n’allat plus loin; mais, tout au contraire, elle

se rejeta au fond de son carrosse, et cria froidement au cocher:

.Touche à l’h.tel!.

La jolie soubrette jeta un regard d’inquiétude sur d’Artagnan, dont la bonne mine paraissait avoir produit son

effet sur elle.

Le carrosse partit et laissa les deux hommes en face l’un de l’autre, aucun obstacle matériel ne les séparant

plus.

Le cavalier fit un mouvement pour suivre la voiture; mais d’Artagnan, dont la colère déjà bouillante s’était

encore augmentée en reconnaissant en lui l’Anglais qui, à Amiens, lui avait gagné son cheval et avait failli

gagner à Athos son diamant, sauta à la bride et l’arrêta.

.Eh! Monsieur, dit-il, vous me semblez encore plus étourneau que moi, car vous me faites l’effet d’oublier

qu’il y a entre nous une petite querelle engagée.

-- Ah! ah! dit l’Anglais, c’est vous, mon ma.tre. Il faut donc toujours que vous jouiez un jeu ou un autre?

-- Oui, et cela me rappelle que j’ai une revanche à prendre. Nous verrons, mon cher monsieur, si vous maniez

aussi adroitement la rapière que le cornet.

-- Vous voyez bien que je n’ai pas d’épée, dit l’Anglais; voulez- vous faire le brave contre un homme sans

armes?

-- J’espère bien que vous en avez chez vous, répondit d’Artagnan. En tout cas, j’en ai deux, et si vous le

voulez, je vous en jouerai une.

-- Inutile, dit l’Anglais, je suis muni suffisamment de ces sortes d’ustensiles.

-- Eh bien, mon digne gentilhomme, reprit d’Artagnan choisissez la plus longue et venez me la montrer ce

soir.

-- Où cela, s’il vous pla.t?

-- Derrière le Luxembourg, c’est un charmant quartier pour les promenades dans le genre de celle que je vous

propose.

-- C’est bien, on y sera.

-- Votre heure?

-- Six heures.

-- à propos, vous avez aussi probablement un ou deux amis?

-- Mais j’en ai trois qui seront fort honorés de jouer la même partie que moi.

-- Trois? à merveille! comme cela se rencontre! dit d’Artagnan, c’est juste mon compte.

Les trois mousquetaires

-- Maintenant, qui êtes-vous? demanda l’Anglais.

-- Je suis M. d’Artagnan, gentilhomme gascon, servant aux gardes, compagnie de M. des Essarts. Et vous?

-- Moi, je suis Lord de Winter, baron de Sheffield.

-- Eh bien, je suis votre serviteur, monsieur le baron, dit d’Artagnan, quoique vous ayez des noms bien

difficiles à retenir..

Et piquant son cheval, il le mit au galop, et reprit le chemin de Paris.

Comme il avait l’habitude de le faire en pareille occasion, d’Artagnan descendit droit chez Athos.

Il trouva Athos couché sur un grand canapé, où il attendait, comme il l’avait dit, que son équipement le v.nt

trouver.

Il raconta à Athos tout ce qui venait de se passer, moins la lettre de M. de Wardes.

Athos fut enchanté lorsqu’il sut qu’il allait se battre contre un Anglais. Nous avons dit que c’était son rêve.

On envoya chercher à l’instant même Porthos et Aramis par les laquais, et on les mit au courant de la

situation.

Porthos tira son épée hors du fourreau et se mit à espadonner contre le mur en se reculant de temps en temps

et en faisant des pliés comme un danseur. Aramis, qui travaillait toujours à son poème, s’enferma dans le

cabinet d’Athos et pria qu’on ne le dérangeat plus qu’au moment de dégainer.

Athos demanda par signe à Grimaud une bouteille.

Quant à d’Artagnan, il arrangea en lui-même un petit plan dont nous verrons plus tard l’exécution, et qui lui

promettait quelque gracieuse aventure, comme on pouvait le voir aux sourires qui, de temps en temps,

passaient sur son visage dont ils éclairaient la rêverie.

CHAPITRE XXXI ANGLAIS ET FRAN.AIS

L’heure venue, on se rendit avec les quatre laquais, derrière le Luxembourg, dans un enclos abandonné aux

chèvres. Athos donna une pièce de monnaie au chevrier pour qu’il s’écartat. Les laquais furent chargés de

faire sentinelle.

Bient.t une troupe silencieuse s’approcha du même enclos, y pénétra et joignit les mousquetaires; puis, selon

les habitudes d’outre-mer, les présentations eurent lieu.

Les Anglais étaient tous gens de la plus haute qualité, les noms bizarres de leurs adversaires furent donc pour

eux un sujet non seulement de surprise, mais encore d’inquiétude.

.Mais, avec tout cela, dit Lord de Winter quand les trois amis eurent été nommés, nous ne savons pas qui

vous êtes, et nous ne nous battrons pas avec des noms pareils; ce sont des noms de bergers, cela.

-- Aussi, comme vous le supposez bien, Milord, ce sont de faux noms, dit Athos.

-- Ce qui ne nous donne qu’un plus grand désir de conna.tre les noms véritables, répondit l’Anglais.

Les trois mousquetaires

-- Vous avez bien joué contre nous sans les conna.tre, dit Athos, à telles enseignes que vous nous avez gagné

nos deux chevaux?

-- C’est vrai, mais nous ne risquions que nos pistoles; cette fois nous risquons notre sang: on joue avec tout le

monde, on ne se bat qu’avec ses égaux.

-- C’est juste., dit Athos. Et il prit à l’écart celui des quatre Anglais avec lequel il devait se battre, et lui dit

son nom tout bas.

Porthos et Aramis en firent autant de leur c.té.

.Cela vous suffit-il, dit Athos à son adversaire, et me trouvez- vous assez grand seigneur pour me faire la

grace de croiser l’épée avec moi?

-- Oui, monsieur, dit l’Anglais en s’inclinant.

-- Eh bien, maintenant, voulez-vous que je vous dise une chose? reprit froidement Athos.

-- Laquelle? demanda l’Anglais.

-- C’est que vous auriez aussi bien fait de ne pas exiger que je me fisse conna.tre.

-- Pourquoi cela?

-- Parce qu’on me croit mort, que j’ai des raisons pour désirer qu’on ne sache pas que je vis, et que je vais être

obligé de vous tuer, pour que mon secret ne coure pas les champs..

L’Anglais regarda Athos, croyant que celui-ci plaisantait; mais Athos ne plaisantait pas le moins du monde.

.Messieurs, dit-il en s’adressant à la fois à ses compagnons et à leurs adversaires, y sommes-nous?

-- Oui, répondirent tout d’une voix Anglais et Fran.ais.

-- Alors, en garde., dit Athos.

Et aussit.t huit épées brillèrent aux rayons du soleil couchant, et le combat commen.a avec un acharnement

bien naturel entre gens deux fois ennemis.

Athos s’escrimait avec autant de calme et de méthode que s’il e.t été dans une salle d’armes.

Porthos, corrigé sans doute de sa trop grande confiance par son aventure de Chantilly, jouait un jeu plein de

finesse et de prudence.

Aramis, qui avait le troisième chant de son poème à finir, se dépêchait en homme très pressé.

Athos, le premier, tua son adversaire: il ne lui avait porté qu’un coup, mais, comme il l’en avait prévenu, le

coup avait été mortel. L’épée lui traversa le coeur.

Porthos, le second, étendit le sien sur l’herbe: il lui avait percé la cuisse. Alors, comme l’Anglais, sans faire

plus longue résistance, lui avait rendu son épée, Porthos le prit dans ses bras et le porta dans son carrosse.

Aramis poussa le sien si vigoureusement, qu’après avoir rompu une cinquantaine de pas, il finit par prendre la

Les trois mousquetaires

fuite à toutes jambes et disparut aux huées des laquais.

Quant à d’Artagnan, il avait joué purement et simplement un jeu défensif; puis, lorsqu’il avait vu son

adversaire bien fatigué, il lui avait, d’une vigoureuse flanconade, fait sauter son épée. Le baron, se voyant

désarmé, fit deux ou trois pas en arrière; mais, dans ce mouvement, son pied glissa, et il tomba à la renverse.

D’Artagnan fut sur lui d’un seul bond, et lui portant l’épée à la gorge:

.Je pourrais vous tuer, monsieur, dit-il à l’Anglais, et vous êtes bien entre mes mains, mais je vous donne la

vie pour l’amour de votre soeur..

D’Artagnan était au comble de la joie; il venait de réaliser le plan qu’il avait arrêté d’avance, et dont le

développement avait fait éclore sur son visage les sourires dont nous avons parlé.

L’Anglais, enchanté d’avoir affaire à un gentilhomme d’aussi bonne composition, serra d’Artagnan entre ses

bras, fit mille caresses aux trois mousquetaires, et, comme l’adversaire de Porthos était déjà installé dans la

voiture et que celui d’Aramis avait pis la poudre d’escampette, on ne songea plus qu’au défunt.

Comme Porthos et Aramis le déshabillaient dans l’espérance que sa blessure n’était pas mortelle, une grosse

bourse s’échappa de sa ceinture. D’Artagnan la ramassa et la tendit à Lord de Winter.

.Et que diable voulez-vous que je fasse de cela? dit l’Anglais.

-- Vous la rendrez à sa famille, dit d’Artagnan.

-- Sa famille se soucie bien de cette misère: elle hérite de quinze mille louis de rente: gardez cette bourse pour

vos laquais..

D’Artagnan mit la bourse dans sa poche.

.Et maintenant. mon jeune ami, car vous me permettrez, je l’espère, de vous donner ce nom, dit Lord de

Winter, dès ce soir, si vous le voulez bien, je vous présenterai à ma soeur, Lady Clarick; car je veux qu’elle

vous prenne à son tour dans ses bonnes graces, et, comme elle n’est point tout à fait mal en cour, peut-être

dans l’avenir un mot dit par elle ne vous serait-il point inutile..

D’Artagnan rougit de plaisir, et s’inclina en signe d’assentiment.

Pendant ce temps, Athos s’était approché de d’Artagnan.

.Que voulez-vous faire de cette bourse? lui dit-il tout bas à l’oreille.

-- Mais je comptais vous la remettre, mon cher Athos.

-- à moi? et pourquoi cela?

-- Dame, vous l’avez tué: ce sont les dépouilles opimes.

-- Moi, héritier d’un ennemi! dit Athos, pour qui donc me prenez- vous?

-- C’est l’habitude à la guerre, dit d’Artagnan; pourquoi ne serait-ce pas l’habitude dans un duel?

-- Même sur le champ de bataille, dit Athos, je n’ai jamais fait cela..

Les trois mousquetaires

Porthos leva les épaules. Aramis, d’un mouvement de lèvres, approuva Athos.

.Alors, dit d’Artagnan, donnons cet argent aux laquais, comme Lord de Winter nous a dit de le faire.

-- Oui, dit Athos, donnons cette bourse, non à nos laquais, mais aux laquais anglais..

Athos prit la bourse, et la jeta dans la main du cocher:

.Pour vous et vos camarades..

Cette grandeur de manières dans un homme entièrement dénué frappa Porthos lui-même, et cette générosité

fran.aise, redite par Lord de Winter et son ami, eut partout un grand succès, excepté auprès de MM. Grimaud,

Mousqueton, Planchet et Bazin.

Lord de Winter, en quittant d’Artagnan, lui donna l’adresse de sa soeur; elle demeurait place Royale, qui était

alors le quartier à la mode, au n° 6. D’ailleurs, il s’engageait à le venir prendre pour le présenter. D’Artagnan

lui donna rendez-vous à huit heures, chez Athos.

Cette présentation à Milady occupait fort la tête de notre Gascon. Il se rappelait de quelle fa.on étrange cette

femme avait été mêlée jusque-là dans sa destinée. Selon sa conviction, c’était quelque créature du cardinal, et

cependant il se sentait invinciblement entra.né vers elle, par un de ces sentiments dont on ne se rend pas

compte. Sa seule crainte était que Milady ne reconn.t en lui l’homme de Meung et de Douvres. Alors, elle

saurait qu’il était des amis de M. de Tréville, et par conséquent qu’il appartenait corps et ame au roi, ce qui,

目录
设置
设置
阅读主题
字体风格
雅黑 宋体 楷书 卡通
字体大小
适中 偏大 超大
保存设置
恢复默认
手机
手机阅读
扫码获取链接,使用浏览器打开
书架同步,随时随地,手机阅读
首 页 < 上一章 章节列表 下一章 > 尾 页