饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15361 字 更新时间:2026-6-15 21:39

Les trois mousquetaires

En ce moment Grimaud rentra accompagné de Planchet; celui-ci, inquiet de son ma.tre et curieux de savoir ce

qui lui était arrivé, avait profité de la circonstance et apportait les habits lui-même.

D’Artagnan s’habilla, Athos en fit autant: puis quand tous deux furent prêts à sortir, ce dernier fit à Grimaud

le signe d’un homme qui met en joue; celui-ci décrocha aussit.t son mousqueton et s’apprêta à accompagner

son ma.tre.

Athos et d’Artagnan suivis de leurs valets arrivèrent sans incident à la rue des Fossoyeurs. Bonacieux était sur

la porte, il regarda d’Artagnan d’un air goguenard.

.Eh, mon cher locataire! dit-il, hatez-vous donc, vous avez une belle jeune fille qui vous attend chez vous, et

les femmes, vous le savez, n’aiment pas qu’on les fasse attendre!

-- C’est Ketty!. s’écria d’Artagnan.

Et il s’élan.a dans l’allée.

Effectivement, sur le carré conduisant à sa chambre, et tapie contre sa porte, il trouva la pauvre enfant toute

tremblante. Dès qu’elle l’aper.ut:

.Vous m’avez promis votre protection, vous m’avez promis de me sauver de sa colère, dit-elle;

souvenez-vous que c’est vous qui m’avez perdue!

-- Oui, sans doute, dit d’Artagnan, sois tranquille, Ketty. Mais qu’est-il arrivé après mon départ?

-- Le sais-je? dit Ketty. Aux cris qu’elle a poussés les laquais sont accourus elle était folle de colère; tout ce

qu’il existe d’imprécations elle les a vomies contre vous. Alors j’ai pensé qu’elle se rappellerait que c’était par

ma chambre que vous aviez pénétré dans la sienne, et qu’alors elle songerait que j’étais votre complice; j’ai

pris le peu d’argent que j’avais, mes hardes les plus précieuses, et je me suis sauvée.

-- Pauvre enfant! Mais que vais-je faire de toi? Je pars après- demain.

-- Tout ce que vous voudrez, Monsieur le chevalier, faites-moi quitter Paris, faites-moi quitter la France.

-- Je ne puis cependant pas t’emmener avec moi au siège de La Rochelle, dit d’Artagnan.

-- Non; mais vous pouvez me placer en province, chez quelque dame de votre connaissance: dans votre pays,

par exemple.

-- Ah! ma chère amie! dans mon pays les dames n’ont point de femmes de chambre. Mais, attends, j’ai ton

affaire. Planchet, va me chercher Aramis: qu’il vienne tout de suite. Nous avons quelque chose de très

important à lui dire.

-- Je comprends, dit Athos; mais pourquoi pas Porthos? Il me semble que sa marquise...

-- La marquise de Porthos se fait habiller par les clercs de son mari, dit d’Artagnan en riant. D’ailleurs Ketty

ne voudrait pas demeurer rue aux Ours, n’est-ce pas, Ketty?

-- Je demeurerai où l’on voudra, dit Ketty, pourvu que je sois bien cachée et que l’on ne sache pas où je suis.

-- Maintenant, Ketty, que nous allons nous séparer, et par conséquent que tu n’es plus jalouse de moi...

Les trois mousquetaires

-- Monsieur le chevalier, de loin ou de près, dit Ketty, je vous aimerai toujours..

.Où diable la constance va-t-elle se nicher?. murmura Athos.

.Moi aussi, dit d’Artagnan, moi aussi, je t’aimerai toujours, sois tranquille. Mais voyons, réponds-moi.

Maintenant j’attache une grande importance à la question que je te fais: n’aurais-tu jamais entendu parler

d’une jeune dame qu’on aurait enlevée pendant une nuit.

-- Attendez donc... Oh! mon Dieu! monsieur le chevalier, est-ce que vous aimez encore cette femme?

-- Non, c’est un de mes amis qui l’aime. Tiens, c’est Athos que voilà.

-- Moi! s’écria Athos avec un accent pareil à celui d’un homme qui s’aper.oit qu’il va marcher sur une

couleuvre.

-- Sans doute, vous! fit d’Artagnan en serrant la main d’Athos. Vous savez bien l’intérêt que nous prenons

tous à cette pauvre petite Mme Bonacieux. D’ailleurs Ketty ne dira rien: n’est-ce pas, Ketty? Tu comprends,

mon enfant, continua d’Artagnan, c’est la femme de cet affreux magot que tu as vu sur le pas de la porte en

entrant ici.

-- Oh! mon Dieu! s’écria Ketty, vous me rappelez ma peur; pourvu qu’il ne m’ait pas reconnue!

-- Comment, reconnue! tu as donc déjà vu cet homme?

-- Il est venu deux fois chez Milady.

-- C’est cela. Vers quelle époque?

-- Mais il y a quinze ou dix-huit jours à peu près.

-- Justement.

-- Et hier soir il est revenu.

-- Hier soir.

-- Oui, un instant avant que vous vinssiez vous-même.

-- Mon cher Athos, nous sommes enveloppés dans un réseau d’espions! Et tu crois qu’il t’a reconnue, Ketty?

-- J’ai baissé ma coiffe en l’apercevant, mais peut-être était-il trop tard.

-- Descendez, Athos, vous dont il se méfie moins que de moi, et voyez s’il est toujours sur sa porte..

Athos descendit et remonta bient.t.

.Il est parti, dit-il, et la maison est fermée.

-- Il est allé faire son rapport, et dire que tous les pigeons sont en ce moment au colombier.

-- Eh bien, mais, envolons-nous, dit Athos, et ne laissons ici que Planchet pour nous rapporter les nouvelles.

Les trois mousquetaires

-- Un instant! Et Aramis que nous avons envoyé chercher!

-- C’est juste, dit Athos, attendons Aramis.

En ce moment Aramis entra.

On lui exposa l’affaire, et on lui dit comment il était urgent que parmi toutes ses hautes connaissances il

trouvat une place à Ketty.

Aramis réfléchit un instant, et dit en rougissant:

.Cela vous rendra-t-il bien réellement service, d’Artagnan.

-- Je vous en serai reconnaissant toute ma vie.

-- Eh bien, Mme de Bois-Tracy m’a demandé, pour une de ses amies qui habite la province, je crois, une

femme de chambre s.re; et si vous pouvez, mon cher d’Artagnan, me répondre de mademoiselle...

-- Oh! monsieur, s’écria Ketty, je serai toute dévouée, soyez-en certain, à la personne qui me donnera les

moyens de quitter Paris.

-- Alors, dit Aramis, cela va pour le mieux..

Il se mit à une table et écrivit un petit mot qu’il cacheta avec une bague, et donna le billet à Ketty.

.Maintenant, mon enfant, dit d’Artagnan, tu sais qu’il ne fait pas meilleur ici pour nous que pour toi. Ainsi

séparons-nous. Nous nous retrouverons dans des jours meilleurs.

-- Et dans quelque temps que nous nous retrouvions et dans quelque lieu que ce soit, dit Ketty, vous me

retrouverez vous aimant encore comme je vous aime aujourd’hui..

.Serment de joueur., dit Athos pendant que d’Artagnan allait reconduire Ketty sur l’escalier.

Un instant après, les trois jeunes gens se séparèrent en prenant rendez-vous à quatre heures chez Athos et en

laissant Planchet pour garder la maison.

Aramis rentra chez lui, et Athos et d’Artagnan s’inquiétèrent du placement du saphir.

Comme l’avait prévu notre Gascon, on trouva facilement trois cents pistoles sur la bague. De plus, le juif

annon.a que si on voulait la lui vendre, comme elle lui ferait un pendant magnifique pour des boucles

d’oreilles, il en donnerait jusqu’à cinq cents pistoles.

Athos et d’Artagnan, avec l’activité de deux soldats et la science de deux connaisseurs, mirent trois heures à

peine à acheter tout l’équipement du mousquetaire. D’ailleurs Athos était de bonne composition et grand

seigneur jusqu’au bout des ongles. Chaque fois qu’une chose lui convenait, il payait le prix demandé sans

essayer même d’en rabattre. D’Artagnan voulait bien là-dessus faire ses observations, mais Athos lui posait la

main sur l’épaule en souriant, et d’Artagnan comprenait que c’était bon pour lui, petit gentilhomme gascon, de

marchander, mais non pour un homme qui avait les airs d’un prince.

Le mousquetaire trouva un superbe cheval andalou, noir comme du jais, aux narines de feu, aux jambes fines

et élégantes, qui prenait six ans. Il l’examina et le trouva sans défaut. On le lui fit mille livres.

Les trois mousquetaires

Peut-être l’e.t-il eu pour moins; mais tandis que d’Artagnan discutait sur le prix avec le maquignon, Athos

comptait les cent pistoles sur la table.

Grimaud eut un cheval picard, trapu et fort, qui co.ta trois cents livres.

Mais la selle de ce dernier cheval et les armes de Grimaud achetées, il ne restait plus un sou des cent

cinquante pistoles d’Athos. D’Artagnan offrit à son ami de mordre une bouchée dans la part qui lui revenait,

quitte à lui rendre plus tard ce qu’il lui aurait emprunté.

Mais Athos, pour toute réponse, se contenta de hausser les épaules.

.Combien le juif donnait-il du saphir pour l’avoir en toute propriété? demanda Athos.

-- Cinq cents pistoles.

-- C’est-à-dire, deux cents pistoles de plus; cent pistoles pour vous, cent pistoles pour moi. Mais c’est une

véritable fortune, cela, mon ami, retournez chez le juif.

-- Comment, vous voulez...

-- Cette bague, décidément, me rappellerait de trop tristes souvenirs; puis nous n’aurons jamais trois cents

pistoles à lui rendre, de sorte que nous perdrions deux mille livres à ce marché. Allez lui dire que la bague est

à lui, d’Artagnan, et revenez avec les deux cents pistoles.

-- Réfléchissez, Athos.

-- L’argent comptant est cher par le temps qui court, et il faut savoir faire des sacrifices. Allez, d’Artagnan,

allez; Grimaud vous accompagnera avec son mousqueton..

Une demi-heure après, d’Artagnan revint avec les deux mille livres et sans qu’il lui f.t arrivé aucun accident.

Ce fut ainsi qu’Athos trouva dans son ménage des ressources auxquelles il ne s’attendait pas.

CHAPITRE XXXIX UNE VISION

à quatre heures, les quatre amis étaient donc réunis chez Athos. Leurs préoccupations sur l’équipement

avaient tout à fait disparu, et chaque visage ne conservait plus l’expression que de ses propres et secrètes

inquiétudes; car derrière tout bonheur présent est cachée une crainte à venir.

Tout à coup Planchet entra apportant deux lettres à l’adresse de d’Artagnan.

L’une était un petit billet gentiment plié en long avec un joli cachet de cire verte sur lequel était empreinte une

colombe rapportant un rameau vert.

L’autre était une grande ép.tre carrée et resplendissante des armes terribles de Son éminence le cardinal-duc.

à la vue de la petite lettre, le coeur de d’Artagnan bondit, car il avait cru reconna.tre l’écriture; et quoiqu’il

n’e.t vu cette écriture qu’une fois, la mémoire en était restée au plus profond de son coeur.

Il prit donc la petite ép.tre et la décacheta vivement.

.Promenez-vous, lui disait-on, mercredi prochain, de six heures à sept heures du soir, sur la route de Chaillot,

Les trois mousquetaires

et regardez avec soin dans les carrosses qui passeront, mais si vous tenez à votre vie et à celle des gens qui

vous aiment, ne dites pas un mot, ne faites pas un mouvement qui puisse faire croire que vous avez reconnu

celle qui s’expose à tout pour vous apercevoir un instant..

Pas de signature.

.C’est un piège, dit Athos, n’y allez pas, d’Artagnan.

-- Cependant, dit d’Artagnan, il me semble bien reconna.tre l’écriture.

-- Elle est peut-être contrefaite, reprit Athos; à six ou sept heures, dans ce temps-ci, la route de Chaillot est

tout à fait déserte: autant que vous alliez vous promener dans la forêt de Bondy.

-- Mais si nous y allions tous! dit d’Artagnan; que diable! on ne nous dévorera point tous les quatre; plus,

quatre laquais; plus, les chevaux; plus, les armes.

-- Puis ce sera une occasion de montrer nos équipages, dit Porthos.

-- Mais si c’est une femme qui écrit, dit Aramis, et que cette femme désire ne pas être vue, songez que vous la

compromettez, d’Artagnan: ce qui est mal de la part d’un gentilhomme.

-- Nous resterons en arrière, dit Porthos, et lui seul s’avancera.

-- Oui, mais un coup de pistolet est bient.t tiré d’un carrosse qui marche au galop.

-- Bah! dit d’Artagnan, on me manquera. Nous rejoindrons alors le carrosse, et nous exterminerons ceux qui

se trouvent dedans. Ce sera toujours autant d’ennemis de moins.

-- Il a raison, dit Porthos; bataille; il faut bien essayer nos armes d’ailleurs.

-- Bah! donnons-nous ce plaisir, dit Aramis de son air doux et nonchalant.

-- Comme vous voudrez, dit Athos.

-- Messieurs, dit d’Artagnan, il est quatre heures et demie, et nous avons le temps à peine d’être à six heures

sur la route de Chaillot.

-- Puis, si nous sortions trop tard, dit Porthos, on ne nous verrait pas, ce qui serait dommage. Allons donc nous

apprêter, messieurs.

-- Mais cette seconde lettre, dit Athos, vous l’oubliez; il me semble que le cachet indique cependant qu’elle

mérite bien d’être ouverte: quant à moi, je vous déclare, mon cher d’Artagnan, que je m’en soucie bien plus

que du petit brimborion que vous venez tout doucement de glisser sur votre coeur..

D’Artagnan rougit.

.Eh bien, dit le jeune homme, voyons, messieurs, ce que me veut Son éminence..

Et d’Artagnan décacheta la lettre et lut:

.M. d’Artagnan, garde du roi, compagnie des Essarts, est attendu au Palais-Cardinal ce soir à huit heures.

Les trois mousquetaires

.La Houdinière,

.Capitaine des gardes..

.Diable! dit Athos, voici un rendez-vous bien autrement inquiétant que l’autre.

-- J’irai au second en sortant du premier, dit d’Artagnan: l’un est pour sept heures, l’autre pour huit; il y aura

temps pour tout.

-- Hum! je n’irais pas, dit Aramis: un galant chevalier ne peut manquer à un rendez-vous donné par une dame;

mais un gentilhomme prudent peut s’excuser de ne pas se rendre chez Son éminence, surtout lorsqu’il a

quelque raison de croire que ce n’est pas pour y recevoir des compliments.

-- Je suis de l’avis d’Aramis, dit Porthos.

-- Messieurs, répondit d’Artagnan, j’ai déjà re.u par M. de Cavois pareille invitation de Son éminence, je l’ai

négligée, et le lendemain il m’est arrivé un grand malheur! Constance a disparu; quelque chose qui puisse

advenir, j’irai.

-- Si c’est un parti pris, dit Athos, faites.

-- Mais la Bastille? dit Aramis.

-- Bah! vous m’en tirerez, reprit d’Artagnan.

-- Sans doute, reprirent Aramis et Porthos avec un aplomb admirable et comme si c’était la chose la plus

simple, sans doute nous vous en tirerons; mais, en attendant, comme nous devons partir après-demain, vous

feriez mieux de ne pas risquer cette Bastille.

-- Faisons mieux, dit Athos, ne le quittons pas de la soirée, attendons-le chacun à une porte du palais avec

trois mousquetaires derrière nous; si nous voyons sortir quelque voiture à portière fermée et à demi suspecte,

nous tomberons dessus. Il y a longtemps que nous n’avons eu maille à partir avec les gardes de M. le cardinal,

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