饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15381 字 更新时间:2026-6-15 21:39

les lui gardat avec soin; puis, le jour de la solennité, comme le d.ner était fixé pour l’heure de midi,

Les trois mousquetaires

d’Artagnan envoya, dès neuf heures, Planchet pour tout préparer.

Planchet, tout fier d’être élevé à la dignité de ma.tre d’h.tel, songea à tout apprêter en homme intelligent; à

cet effet il s’adjoignit le valet d’un des convives de son ma.tre, nommé Fourreau, et ce faux soldat qui avait

voulu tuer d’Artagnan, et qui, n’appartenant à aucun corps, était entré à son service ou plut.t à celui de

Planchet, depuis que d’Artagnan lui avait sauvé la vie.

L’heure du festin venue, les deux convives arrivèrent, prirent place et les mets s’alignèrent sur la table.

Planchet servait la serviette au bras, Fourreau débouchait les bouteilles, et Brisemont, c’était le nom du

convalescent, transvasait dans des carafons de verre le vin qui paraissait avoir déposé par effet des secousses

de la route. De ce vin, la première bouteille était un peu trouble vers la fin, Brisemont versa cette lie dans un

verre, et d’Artagnan lui permit de la boire; car le pauvre diable n’avait pas encore beaucoup de forces.

Les convives, après avoir mangé le potage, allaient porter le premier verre à leurs lèvres, lorsque tout à coup

le canon retentit au fort Louis et au fort Neuf; aussit.t les gardes, croyant qu’il s’agissait de quelque attaque

imprévue, soit des assiégés, soit des Anglais, sautèrent sur leurs épées; d’Artagnan, non moins leste, fit

comme eux, et tous trois sortirent en courant, afin de se rendre à leurs postes.

Mais à peine furent-ils hors de la buvette, qu’ils se trouvèrent fixés sur la cause de ce grand bruit; les cris de

Vive le roi! Vive M. le cardinal! retentissaient de tous c.tés, et les tambours battaient dans toutes les

directions.

En effet, le roi, impatient comme on l’avait dit, venait de doubler deux étapes, et arrivait à l’instant même

avec toute sa maison et un renfort de dix mille hommes de troupe; ses mousquetaires le précédaient et le

suivaient. D’Artagnan, placé en haie avec sa compagnie, salua d’un geste expressif ses amis, qui lui

répondirent des yeux, et M. de Tréville, qui le reconnut tout d’abord.

La cérémonie de réception achevée, les quatre amis furent bient.t dans les bras l’un de l’autre.

.Pardieu! s’écria d’Artagnan, il n’est pas possible de mieux arriver, et les viandes n’auront pas encore eu le

temps de refroidir! n’est-ce pas, messieurs? ajouta le jeune homme en se tournant vers les deux gardes, qu’il

présenta à ses amis.

-- Ah! ah! il para.t que nous banquetions, dit Porthos.

-- J’espère, dit Aramis, qu’il n’y a pas de femmes à votre d.ner!

-- Est-ce qu’il y a du vin potable dans votre bicoque? demanda Athos.

-- Mais, pardieu! il y a le v.tre, cher ami, répondit d’Artagnan.

-- Notre vin? fit Athos étonné.

-- Oui, celui que vous m’avez envoyé.

-- Nous vous avons envoyé du vin?

-- Mais vous savez bien, de ce petit vin des coteaux d’Anjou?

-- Oui, je sais bien de quel vin vous voulez parler.

-- Le vin que vous préférez.

Les trois mousquetaires

-- Sans doute, quand je n’ai ni champagne ni chambertin.

-- Eh bien, à défaut de champagne et de chambertin, vous vous contenterez de celui-là.

-- Nous avons donc fait venir du vin d’Anjou, gourmet que nous sommes? dit Porthos.

-- Mais non, c’est le vin qu’on m’a envoyé de votre part.

-- De notre part? firent les trois mousquetaires.

-- Est-ce vous, Aramis, dit Athos, qui avez envoyé du vin?

-- Non, et vous, Porthos?

-- Non, et vous, Athos?

-- Non.

-- Si ce n’est pas vous, dit d’Artagnan, c’est votre h.telier.

-- Notre h.telier?

-- Eh oui! votre h.telier, Godeau, h.telier des mousquetaires.

-- Ma foi, qu’il vienne d’où il voudra, n’importe, dit Porthos, go.tons-le, et, s’il est bon, buvons-le.

-- Non pas, dit Athos, ne buvons pas le vin qui a une source inconnue.

-- Vous avez raison, Athos, dit d’Artagnan. Personne de vous n’a chargé l’h.telier Godeau de m’envoyer du

vin?

-- Non! et cependant il vous en a envoyé de notre part?

-- Voici la lettre!. dit d’Artagnan.

Et il présenta le billet à ses camarades.

.Ce n’est pas son écriture! s’écria Athos, je la connais, c’est moi qui, avant de partir, ai réglé les comptes de

la communauté.

-- Fausse lettre, dit Porthos; nous n’avons pas été consignés.

-- D’Artagnan, demanda Aramis d’un ton de reproche, comment avez- vous pu croire que nous avions fait du

bruit?....

D’Artagnan palit, et un tremblement convulsif secoua tous ses membres.

.Tu m’effraies, dit Athos, qui ne le tutoyait que dans les grandes occasions, qu’est-il donc arrivé?

-- Courons, courons, mes amis! s’écria d’Artagnan, un horrible soup.on me traverse l’esprit! serait-ce encore

une vengeance de cette femme?.

Les trois mousquetaires

Ce fut Athos qui palit à son tour.

D’Artagnan s’élan.a vers la buvette, les trois mousquetaires et les deux gardes l’y suivirent.

Le premier objet qui frappa la vue de d’Artagnan en entrant dans la salle à manger, fut Brisemont étendu par

terre et se roulant dans d’atroces convulsions.

Planchet et Fourreau, pales comme des morts, essayaient de lui porter secours; mais il était évident que tout

secours était inutile: tous les traits du moribond étaient crispés par l’agonie.

.Ah! s’écria-t-il en apercevant d’Artagnan, ah! c’est affreux, vous avez l’air de me faire grace et vous

m’empoisonnez!

-- Moi! s’écria d’Artagnan, moi, malheureux! moi! que dis-tu donc là?

-- Je dis que c’est vous qui m’avez donné ce vin, je dis que c’est vous qui m’avez dit de le boire, je dis que

vous avez voulu vous venger de moi, je dis que c’est affreux!

-- N’en croyez rien, Brisemont, dit d’Artagnan, n’en croyez rien; je vous jure, je vous proteste...

-- Oh! mais Dieu est là! Dieu vous punira! Mon Dieu! qu’il souffre un jour ce que je souffre!

-- Sur l’évangile, s’écria d’Artagnan en se précipitant vers le moribond, je vous jure que j’ignorais que ce vin

f.t empoisonné et que j’allais en boire comme vous.

-- Je ne vous crois pas., dit le soldat.

Et il expira dans un redoublement de tortures.

.Affreux! affreux! murmurait Athos, tandis que Porthos brisait les bouteilles et qu’Aramis donnait des ordres

un peu tardifs pour qu’on allat chercher un confesseur.

-- O mes amis! dit d’Artagnan, vous venez encore une fois de me sauver la vie, non seulement à moi, mais à

ces messieurs. Messieurs, continua-t-il en s’adressant aux gardes, je vous demanderai le silence sur toute cette

aventure; de grands personnages pourraient avoir trempé dans ce que vous avez vu, et le mal de tout cela

retomberait sur nous.

-- Ah! monsieur! balbutiait Planchet plus mort que vif; ah! monsieur! que je l’ai échappé belle!

-- Comment, dr.le, s’écria d’Artagnan, tu allais donc boire mon vin?

-- à la santé du roi, monsieur, j’allais en boire un pauvre verre, si Fourreau ne m’avait pas dit qu’on

m’appelait.

-- Hélas! dit Fourreau, dont les dents claquaient de terreur, je voulais l’éloigner pour boire tout seul!

-- Messieurs, dit d’Artagnan en s’adressant aux gardes, vous comprenez qu’un pareil festin ne pourrait être

que fort triste après ce qui vient de se passer; ainsi recevez toutes mes excuses et remettez la partie à un autre

jour, je vous prie..

Les deux gardes acceptèrent courtoisement les excuses de d’Artagnan, et, comprenant que les quatre amis

désiraient demeurer seuls, ils se retirèrent.

Les trois mousquetaires

Lorsque le jeune garde et les trois mousquetaires furent sans témoins, ils se regardèrent d’un air qui voulait

dire que chacun comprenait la gravité de la situation.

.D’abord, dit Athos, sortons de cette chambre; c’est une mauvaise compagnie qu’un mort, mort de mort

violente.

-- Planchet, dit d’Artagnan, je vous recommande le cadavre de ce pauvre diable. Qu’il soit enterré en terre

sainte. Il avait commis un crime, c’est vrai, mais il s’en était repenti..

Et les quatre amis sortirent de la chambre, laissant à Planchet et à Fourreau le soin de rendre les honneurs

mortuaires à Brisemont.

L’h.te leur donna une autre chambre dans laquelle il leur servit des oeufs à la coque et de l’eau, qu’Athos alla

puiser lui-même à la fontaine. En quelques paroles Porthos et Aramis furent mis au courant de la situation.

.Eh bien, dit d’Artagnan à Athos, vous le voyez, cher ami, c’est une guerre à mort..

Athos secoua la tête.

.Oui, oui, dit-il, je le vois bien; mais croyez-vous que ce soit elle?

-- J’en suis s.r.

-- Cependant je vous avoue que je doute encore.

-- Mais cette fleur de lis sur l’épaule?

-- C’est une Anglaise qui aura commis quelque méfait en France, et qu’on aura flétrie à la suite de son crime.

-- Athos, c’est votre femme, vous dis-je, répétait d’Artagnan, ne vous rappelez-vous donc pas comme les deux

signalements se ressemblent?

-- J’aurais cependant cru que l’autre était morte, je l’avais si bien pendue..

Ce fut d’Artagnan qui secoua la tête à son tour.

.Mais enfin, que faire? dit le jeune homme.

-- Le fait est qu’on ne peut rester ainsi avec une épée éternellement suspendue au-dessus de sa tête, dit Athos,

et qu’il faut sortir de cette situation.

-- Mais comment?

-- écoutez, tachez de la rejoindre et d’avoir une explication avec elle; dites-lui: La paix ou la guerre! ma

parole de gentilhomme de ne jamais rien dire de vous, de ne jamais rien faire contre vous; de votre c.té

serment solennel de rester neutre à mon égard: sinon, je vais trouver le chancelier, je vais trouver le roi, je vais

trouver le bourreau, j’ameute la cour contre vous, je vous dénonce comme flétrie, je vous fais mettre en

jugement, et si l’on vous absout, eh bien, je vous tue, foi de gentilhomme! au coin de quelque borne, comme

je tuerais un chien enragé.

-- J’aime assez ce moyen, dit d’Artagnan, mais comment la joindre?

Les trois mousquetaires

-- Le temps, cher ami, le temps amène l’occasion, l’occasion c’est la martingale de l’homme: plus on a

engagé, plus l’on gagne quand on sait attendre.

-- Oui, mais attendre entouré d’assassins et d’empoisonneurs...

-- Bah! dit Athos, Dieu nous a gardés jusqu’à présent, Dieu nous gardera encore.

-- Oui, nous; nous d’ailleurs, nous sommes des hommes, et, à tout prendre, c’est notre état de risquer notre

vie: mais elle! ajouta- t-il à demi-voix.

-- Qui elle? demanda Athos.

-- Constance.

-- Mme Bonacieux! ah! c’est juste, fit Athos; pauvre ami! j’oubliais que vous étiez amoureux.

-- Eh bien, mais, dit Aramis, n’avez-vous pas vu par la lettre même que vous avez trouvée sur le misérable

mort qu’elle était dans un couvent? On est très bien dans un couvent, et aussit.t le siège de La Rochelle

terminé, je vous promets que pour mon compte...

-- Bon! dit Athos, bon! oui, mon cher Aramis! nous savons que vos voeux tendent à la religion.

-- Je ne suis mousquetaire que par intérim, dit humblement Aramis.

-- Il para.t qu’il y a longtemps qu’il n’a re.u des nouvelles de sa ma.tresse, dit tout bas Athos; mais ne faites

pas attention, nous connaissons cela.

-- Eh bien, dit Porthos, il me semble qu’il y aurait un moyen bien simple.

-- Lequel? demanda d’Artagnan.

-- Elle est dans un couvent, dites-vous? reprit Porthos.

-- Oui.

-- Eh bien, aussit.t le siège fini, nous l’enlevons de ce couvent.

-- Mais encore faut-il savoir dans quel couvent elle est.

-- C’est juste, dit Porthos.

-- Mais, j’y pense, dit Athos, ne prétendez-vous pas, cher d’Artagnan, que c’est la reine qui a fait choix de ce

couvent pour elle?

-- Oui, je le crois du moins.

-- Eh bien, mais Porthos nous aidera là-dedans.

-- Et comment cela, s’il vous pla.t?

-- Mais par votre marquise, votre duchesse, votre princesse; elle doit avoir le bras long.

Les trois mousquetaires

-- Chut! dit Porthos en mettant un doigt sur ses lèvres, je la crois cardinaliste et elle ne doit rien savoir.

-- Alors, dit Aramis, je me charge, moi, d’en avoir des nouvelles.

-- Vous, Aramis, s’écrièrent les trois amis, vous, et comment cela?

-- Par l’aum.nier de la reine, avec lequel je suis fort lié...., dit Aramis en rougissant.

Et sur cette assurance, les quatre amis, qui avaient achevé leur modeste repas, se séparèrent avec promesse de

se revoir le soir même: d’Artagnan retourna aux Minimes, et les trois mousquetaires rejoignirent le quartier du

roi, où ils avaient à faire préparer leur logis.

CHAPITRE XLIII L’AUBERGE DU COLOMBIER-ROUGE

à peine arrivé au camp, le roi, qui avait si grande hate de se trouver en face de l’ennemi, et qui, à meilleur

droit que le cardinal, partageait sa haine contre Buckingham, voulut faire toutes les dispositions, d’abord pour

chasser les Anglais de l’.le de Ré, ensuite pour presser le siège de La Rochelle; mais, malgré lui, il fut retardé

par les dissensions qui éclatèrent entre MM. de Bassompierre et Schomberg, contre le duc d’Angoulême.

MM. de Bassompierre et Schomberg étaient maréchaux de France, et réclamaient leur droit de commander

l’armée sous les ordres du roi; mais le cardinal, qui craignait que Bassompierre, huguenot au fond du coeur,

ne pressat faiblement les Anglais et les Rochelois, ses frères en religion, poussait au contraire le duc

d’Angoulême, que le roi, à son instigation, avait nommé lieutenant général. Il en résulta que, sous peine de

voir MM. de Bassompierre et Schomberg déserter l’armée, on fut obligé de faire à chacun un commandement

particulier: Bassompierre prit ses quartiers au nord de la ville, depuis La Leu jusqu’à Dompierre; le duc

d’Angoulême à l’est, depuis Dompierre jusqu’à Périgny; et M. de Schomberg au midi, depuis Périgny jusqu’à

Angoutin.

Le logis de Monsieur était à Dompierre.

Le logis du roi était tant.t à étré, tant.t à La Jarrie.

Enfin le logis du cardinal était sur les dunes, au pont de La Pierre, dans une simple maison sans aucun

retranchement.

De cette fa.on, Monsieur surveillait Bassompierre; le roi, le duc d’Angoulême, et le cardinal, M. de

Schomberg.

Aussit.t cette organisation établie, on s’était occupé de chasser les Anglais de l’.le.

La conjoncture était favorable: les Anglais, qui ont, avant toute chose, besoin de bons vivres pour être de bons

soldats, ne mangeant que des viandes salées et de mauvais biscuits, avaient force malades dans leur camp; de

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