饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15402 字 更新时间:2026-6-15 21:39

me ferez l’honneur d’estimer cette ressemblance de go.t; mais si vous avez eu quelque défiance, bien

naturelle d’ailleurs, je sens que je me perds en disant la vérité; mais, tant pis, vous ne laisserez pas que de

m’estimer, et c’est à quoi je tiens plus qu’à toute chose au monde..

M. de Tréville fut surpris au dernier point. Tant de pénétration, tant de franchise enfin, lui causait de

l’admiration, mais ne levait pas entièrement ses doutes: plus ce jeune homme était supérieur aux autres jeunes

gens, plus il était à redouter s’il se trompait. Néanmoins il serra la main à d’Artagnan, et lui dit:

.Vous êtes un honnête gar.on, mais dans ce moment je ne puis faire que ce que je vous ai offert tout à l’heure.

Mon h.tel vous sera toujours ouvert. Plus tard, pouvant me demander à toute heure et par conséquent saisir

toutes les occasions, vous obtiendrez probablement ce que vous désirez obtenir.

-- C’est-à-dire, monsieur, reprit d’Artagnan, que vous attendez que je m’en sois rendu digne. Eh bien, soyez

tranquille, ajouta-t- il avec la familiarité du Gascon, vous n’attendrez pas longtemps..

Et il salua pour se retirer, comme si désormais le reste le regardait.

.Mais attendez donc, dit M. de Tréville en l’arrêtant, je vous ai promis une lettre pour le directeur de

l’académie. êtes-vous trop fier pour l’accepter, mon jeune gentilhomme?

-- Non, monsieur, dit d’Artagnan; je vous réponds qu’il n’en sera pas de celle-ci comme de l’autre. Je la

garderai si bien qu’elle arrivera, je vous le jure, à son adresse, et malheur à celui qui tenterait de me

l’enlever!.

M. de Tréville sourit à cette fanfaronnade, et, laissant son jeune compatriote dans l’embrasure de la fenêtre où

ils se trouvaient et où ils avaient causé ensemble, il alla s’asseoir à une table et se mit à écrire la lettre de

recommandation promise. Pendant ce temps, d’Artagnan, qui n’avait rien de mieux à faire, se mit à battre une

marche contre les carreaux, regardant les mousquetaires qui s’en allaient les uns après les autres, et les suivant

du regard jusqu’à ce qu’ils eussent disparu au tournant de la rue.

M. de Tréville, après avoir écrit la lettre, la cacheta et, se levant, s’approcha du jeune homme pour la lui

donner; mais au moment même où d’Artagnan étendait la main pour la recevoir, M. de Tréville fut bien

étonné de voir son protégé faire un soubresaut, rougir de colère et s’élancer hors du cabinet en criant:

.Ah! sangdieu! il ne m’échappera pas, cette fois.

-- Et qui cela? demanda M. de Tréville.

-- Lui, mon voleur! répondit d’Artagnan. Ah! tra.tre!.

Et il disparut.

Les trois mousquetaires

.Diable de fou! murmura M. de Tréville. à moins toutefois, ajouta- t-il, que ce ne soit une manière adroite de

s’esquiver, en voyant qu’il a manqué son coup..

CHAPITRE IV L’éPAULE D’ATHOS, LE BAUDRIER DE PORTHOS ET LE MOUCHOIR D’ARAMIS

D’Artagnan, furieux, avait traversé l’antichambre en trois bonds et s’élan.ait sur l’escalier, dont il comptait

descendre les degrés quatre à quatre, lorsque, emporté par sa course, il alla donner tête baissée dans un

mousquetaire qui sortait de chez M. de Tréville par une porte de dégagement, et, le heurtant du front à

l’épaule, lui fit pousser un cri ou plut.t un hurlement.

.Excusez-moi, dit d’Artagnan, essayant de reprendre sa course, excusez-moi, mais je suis pressé..

à peine avait-il descendu le premier escalier, qu’un poignet de fer le saisit par son écharpe et l’arrêta.

.Vous êtes pressé! s’écria le mousquetaire, pale comme un linceul; sous ce prétexte, vous me heurtez, vous

dites: “Excusez-moi”, et vous croyez que cela suffit? Pas tout à fait, mon jeune homme. Croyez-vous, parce

que vous avez entendu M. de Tréville nous parler un peu cavalièrement aujourd’hui, que l’on peut nous traiter

comme il nous parle? Détrompez-vous, compagnon, vous n’êtes pas M. de Tréville, vous.

-- Ma foi, répliqua d’Artagnan, qui reconnut Athos, lequel, après le pansement opéré par le docteur, regagnait

son appartement, ma foi, je ne l’ai pas fait exprès, j’ai dit: “Excusez-moi.” Il me semble donc que c’est assez.

Je vous répète cependant, et cette fois c’est trop peut-être, parole d’honneur! je suis pressé, très pressé.

Lachez-moi donc, je vous prie, et laissez-moi aller où j’ai affaire.

-- Monsieur, dit Athos en le lachant, vous n’êtes pas poli. On voit que vous venez de loin..

D’Artagnan avait déjà enjambé trois ou quatre degrés, mais à la remarque d’Athos il s’arrêta court.

.Morbleu, monsieur! dit-il, de si loin que je vienne, ce n’est pas vous qui me donnerez une le.on de belles

manières, je vous préviens.

-- Peut-être, dit Athos.

-- Ah! si je n’étais pas si pressé, s’écria d’Artagnan, et si je ne courais pas après quelqu’un...

-- Monsieur l’homme pressé, vous me trouverez sans courir, moi, entendez-vous?

-- Et où cela, s’il vous pla.t?

-- Près des Carmes-Deschaux.

-- à quelle heure?

-- Vers midi.

-- Vers midi, c’est bien, j’y serai.

-- Tachez de ne pas me faire attendre, car à midi un quart je vous préviens que c’est moi qui courrai après

vous et vous couperai les oreilles à la course.

-- Bon! lui cria d’Artagnan; on y sera à midi moins dix minutes..

Les trois mousquetaires

Et il se mit à courir comme si le diable l’emportait, espérant retrouver encore son inconnu, que son pas

tranquille ne devait pas avoir conduit bien loin.

Mais, à la porte de la rue, causait Porthos avec un soldat aux gardes. Entre les deux causeurs, il y avait juste

l’espace d’un homme. D’Artagnan crut que cet espace lui suffirait, et il s’élan.a pour passer comme une

flèche entre eux deux. Mais d’Artagnan avait compté sans le vent. Comme il allait passer, le vent s’engouffra

dans le long manteau de Porthos, et d’Artagnan vint donner droit dans le manteau. Sans doute, Porthos avait

des raisons de ne pas abandonner cette partie essentielle de son vêtement car, au lieu de laisser aller le pan

qu’il tenait, il tira à lui, de sorte que d’Artagnan s’enroula dans le velours par un mouvement de rotation

qu’explique la résistance de l’obstiné Porthos.

D’Artagnan, entendant jurer le mousquetaire, voulut sortir de dessous le manteau qui l’aveuglait, et chercha

son chemin dans le pli. Il redoutait surtout d’avoir porté atteinte à la fra.cheur du magnifique baudrier que

nous connaissons; mais, en ouvrant timidement les yeux, il se trouva le nez collé entre les deux épaules de

Porthos c’est-à-dire précisément sur le baudrier.

Hélas! comme la plupart des choses de ce monde qui n’ont pour elles que l’apparence, le baudrier était d’or

par-devant et de simple buffle par-derrière. Porthos, en vrai glorieux qu’il était, ne pouvant avoir un baudrier

d’or tout entier, en avait au moins la moitié: on comprenait dès lors la nécessité du rhume et l’urgence du

manteau.

.Vertubleu! cria Porthos faisant tous ses efforts pour se débarrasser de d’Artagnan qui lui grouillait dans le

dos, vous êtes donc enragé de vous jeter comme cela sur les gens!

-- Excusez-moi, dit d’Artagnan reparaissant sous l’épaule du géant, mais je suis très pressé, je cours après

quelqu’un, et...

-- Est-ce que vous oubliez vos yeux quand vous courez, par hasard? demanda Porthos.

-- Non, répondit d’Artagnan piqué, non, et grace à mes yeux je vois même ce que ne voient pas les autres..

Porthos comprit ou ne comprit pas, toujours est-il que, se laissant aller à sa colère:

.Monsieur, dit-il, vous vous ferez étriller, je vous en préviens, si vous vous frottez ainsi aux mousquetaires.

-- étriller, monsieur! dit d’Artagnan, le mot est dur.

-- C’est celui qui convient à un homme habitué à regarder en face ses ennemis.

-- Ah! pardieu! je sais bien que vous ne tournez pas le dos aux v.tres, vous..

Et le jeune homme, enchanté de son espièglerie, s’éloigna en riant à gorge déployée.

Porthos écuma de rage et fit un mouvement pour se précipiter sur d’Artagnan.

.Plus tard, plus tard, lui cria celui-ci, quand vous n’aurez plus votre manteau.

-- à une heure donc, derrière le Luxembourg.

-- Très bien, à une heure., répondit d’Artagnan en tournant l’angle de la rue.

Mais ni dans la rue qu’il venait de parcourir, ni dans celle qu’il embrassait maintenant du regard, il ne vit

Les trois mousquetaires

personne. Si doucement qu’e.t marché l’inconnu, il avait gagné du chemin; peut-être aussi était-il entré dans

quelque maison. D’Artagnan s’informa de lui à tous ceux qu’il rencontra, descendit jusqu’au bac, remonta par

la rue de Seine et la Croix-Rouge; mais rien, absolument rien. Cependant cette course lui fut profitable en ce

sens qu’à mesure que la sueur inondait son front, son coeur se refroidissait.

Il se mit alors à réfléchir sur les événements qui venaient de se passer; ils étaient nombreux et néfastes: il était

onze heures du matin à peine, et déjà la matinée lui avait apporté la disgrace de M. de Tréville, qui ne pouvait

manquer de trouver un peu cavalière la fa.on dont d’Artagnan l’avait quitté.

En outre, il avait ramassé deux bons duels avec deux hommes capables de tuer chacun trois d’Artagnan, avec

deux mousquetaires enfin, c’est-à-dire avec deux de ces êtres qu’il estimait si fort qu’il les mettait, dans sa

pensée et dans son coeur, au-dessus de tous les autres hommes.

La conjecture était triste. S.r d’être tué par Athos, on comprend que le jeune homme ne s’inquiétait pas

beaucoup de Porthos. Pourtant, comme l’espérance est la dernière chose qui s’éteint dans le coeur de

l’homme, il en arriva à espérer qu’il pourrait survivre, avec des blessures terribles, bien entendu, à ces deux

duels, et, en cas de survivance, il se fit pour l’avenir les réprimandes suivantes:

.Quel écervelé je fais, et quel butor je suis! Ce brave et malheureux Athos était blessé juste à l’épaule contre

laquelle je m’en vais, moi, donner de la tête comme un bélier. La seule chose qui m’étonne, c’est qu’il ne

m’ait pas tué roide; il en avait le droit, et la douleur que je lui ai causée a d. être atroce. Quant à Porthos! Oh!

quant à Porthos, ma foi, c’est plus dr.le..

Et malgré lui le jeune homme se mit à rire, tout en regardant néanmoins si ce rire isolé, et sans cause aux yeux

de ceux qui le voyaient rire, n’allait pas blesser quelque passant.

.Quant à Porthos, c’est plus dr.le; mais je n’en suis pas moins un misérable étourdi. Se jette-t-on ainsi sur les

gens sans dire gare! non! et va-t-on leur regarder sous le manteau pour y voir ce qui n’y est pas! Il m’e.t

pardonné bien certainement; il m’e.t pardonné si je n’eusse pas été lui parler de ce maudit baudrier, à mots

couverts, c’est vrai; oui, couverts joliment! Ah! maudit Gascon que je suis, je ferais de l’esprit dans la poêle à

frire. Allons, d’Artagnan mon ami, continua-t-il, se parlant à lui-même avec toute l’aménité qu’il croyait se

devoir, si tu en réchappes, ce qui n’est pas probable, il s’agit d’être à l’avenir d’une politesse parfaite.

Désormais il faut qu’on t’admire, qu’on te cite comme modèle. être prévenant et poli, ce n’est pas être lache.

Regardez plut.t Aramis: Aramis, c’est la douceur, c’est la grace en personne. Eh bien, personne s’est-il jamais

avisé de dire qu’Aramis était un lache? Non, bien certainement, et désormais je veux en tout point me modeler

sur lui. Ah! justement le voici..

D’Artagnan, tout en marchant et en monologuant, était arrivé à quelques pas de l’h.tel d’Aiguillon, et devant

cet h.tel il avait aper.u Aramis causant gaiement avec trois gentilshommes des gardes du roi. De son c.té,

Aramis aper.ut d’Artagnan; mais comme il n’oubliait point que c’était devant ce jeune homme que M. de

Tréville s’était si fort emporté le matin, et qu’un témoin des reproches que les mousquetaires avaient re.us ne

lui était d’aucune fa.on agréable, il fit semblant de ne pas le voir. D’Artagnan, tout entier au contraire à ses

plans de conciliation et de courtoisie, s’approcha des quatre jeunes gens en leur faisant un grand salut

accompagné du plus gracieux sourire. Aramis inclina légèrement la tête, mais ne sourit point. Tous quatre, au

reste, interrompirent à l’instant même leur conversation.

D’Artagnan n’était pas assez niais pour ne point s’apercevoir qu’il était de trop; mais il n’était pas encore

assez rompu aux fa.ons du beau monde pour se tirer galamment d’une situation fausse comme l’est, en

général, celle d’un homme qui est venu se mêler à des gens qu’il conna.t à peine et à une conversation qui ne

le regarde pas. Il cherchait donc en lui-même un moyen de faire sa retraite le moins gauchement possible,

lorsqu’il remarqua qu’Aramis avait laissé tomber son mouchoir et, par mégarde sans doute, avait mis le pied

dessus; le moment lui parut arrivé de réparer son inconvenance: il se baissa, et de l’air le plus gracieux qu’il

Les trois mousquetaires

p.t trouver, il tira le mouchoir de dessous le pied du mousquetaire, quelques efforts que celui-ci f.t pour le

retenir, et lui dit en le lui remettant:

.Je crois, monsieur que voici un mouchoir que vous seriez faché de perdre..

Le mouchoir était en effet richement brodé et portait une couronne et des armes à l’un de ses coins. Aramis

rougit excessivement et arracha plut.t qu’il ne prit le mouchoir des mains du Gascon.

.Ah! Ah! s’écria un des gardes, diras-tu encore, discret Aramis, que tu es mal avec Mme de Bois-Tracy,

quand cette gracieuse dame a l’obligeance de te prêter ses mouchoirs?.

Aramis lan.a à d’Artagnan un de ces regards qui font comprendre à un homme qu’il vient de s’acquérir un

ennemi mortel; puis, reprenant son air doucereux:

.Vous vous trompez, messieurs, dit-il, ce mouchoir n’est pas à moi, et je ne sais pourquoi monsieur a eu la

fantaisie de me le remettre plut.t qu’à l’un de vous, et la preuve de ce que je dis, c’est que voici le mien dans

ma poche..

à ces mots, il tira son propre mouchoir, mouchoir fort élégant aussi, et de fine batiste, quoique la batiste f.t

chère à cette époque, mais mouchoir sans broderie, sans armes et orné d’un seul chiffre, celui de son

propriétaire.

Cette fois, d’Artagnan ne souffla pas mot, il avait reconnu sa bévue; mais les amis d’Aramis ne se laissèrent

pas convaincre par ses dénégations, et l’un d’eux, s’adressant au jeune mousquetaire avec un sérieux affecté:

.Si cela était, dit-il, ainsi que tu le prétends, je serais forcé, mon cher Aramis, de te le redemander; car,

comme tu le sais, Bois- Tracy est de mes intimes, et je ne veux pas qu’on fasse trophée des effets de sa

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