饭饭TXT > 海外名作 > 《三个火枪手/Les trois mousquetaires(法文版)》作者:[法] 大仲马【完结】 > 三个火枪手_法语版.txt

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作者:法- 大仲马 当前章节:15455 字 更新时间:2026-6-15 21:39

.Je ne m’étais pas trompé, dit-il, voilà M. d’Artagnan, et vous êtes ses trois amis, MM. Athos, Porthos et

Aramis..

Ceux dont les noms venaient d’être prononcés regardaient l’étranger avec étonnement, il leur semblait à tous

trois le reconna.tre.

.Messieurs, reprit le nouveau venu, vous êtes comme moi à la recherche d’une femme qui, ajouta-t-il avec un

sourire terrible, a d. passer par ici, car j’y vois un cadavre!.

Les trois amis restèrent muets; seulement la voix comme le visage leur rappelait un homme qu’ils avaient déjà

vu; cependant, ils ne pouvaient se souvenir dans quelles circonstances.

.Messieurs, continua l’étranger, puisque vous ne voulez pas reconna.tre un homme qui probablement vous

doit la vie deux fois, il faut bien que je me nomme; je suis Lord de Winter, le beau- frère de cette femme..

Les trois amis jetèrent un cri de surprise.

Athos se leva et lui tendit la main.

.Soyez le bienvenu, Milord, dit-il, vous êtes des n.tres.

-- Je suis parti cinq heures après elle de Portsmouth, dit Lord de Winter, je suis arrivé trois heures après elle à

Boulogne, je l’ai manquée de vingt minutes à Saint-Omer; enfin, à Lillers, j’ai perdu sa trace. J’allais au

hasard, m’informant à tout le monde, quand je vous ai vus passer au galop; j’ai reconnu M. d’Artagnan. Je

vous ai appelés, vous ne m’avez pas répondu; j’ai voulu vous suivre, mais mon cheval était trop fatigué pour

aller du même train que les v.tres. Et cependant il para.t que malgré la diligence que vous avez faite, vous

êtes encore arrivés trop tard!

-- Vous voyez, dit Athos en montrant à Lord de Winter Mme Bonacieux morte et d’Artagnan que Porthos et

Aramis essayaient de rappeler à la vie.

-- Sont-ils donc morts tous deux? demanda froidement Lord de Winter.

-- Non, heureusement, répondit Athos, M. d’Artagnan n’est qu’évanoui.

-- Ah! tant mieux!. dit Lord de Winter.

En effet, en ce moment d’Artagnan rouvrit les yeux.

Il s’arracha des bras de Porthos et d’Aramis et se jeta comme un insensé sur le corps de sa ma.tresse.

Athos se leva, marcha vers son ami d’un pas lent et solennel, l’embrassa tendrement, et, comme il éclatait en

sanglots, il lui dit de sa voix si noble et si persuasive:

.Ami, sois homme: les femmes pleurent les morts, les hommes les vengent!

-- Oh! oui, dit d’Artagnan, oui! si c’est pour la venger, je suis prêt à te suivre!.

Athos profita de ce moment de force que l’espoir de la vengeance rendait à son malheureux ami pour faire

signe à Porthos et à Aramis d’aller chercher la supérieure.

Les trois mousquetaires

Les deux amis la rencontrèrent dans le corridor, encore toute troublée et tout éperdue de tant d’événements;

elle appela quelques religieuses, qui, contre toutes les habitudes monastiques, se trouvèrent en présence de

cinq hommes.

.Madame, dit Athos en passant le bras de d’Artagnan sous le sien, nous abandonnons à vos soins pieux le

corps de cette malheureuse femme. Ce fut un ange sur la terre avant d’être un ange au ciel. Traitez-la comme

une de vos soeurs; nous reviendrons un jour prier sur sa tombe..

D’Artagnan cacha sa figure dans la poitrine d’Athos et éclata en sanglots.

.Pleure, dit Athos, pleure, coeur plein d’amour, de jeunesse et de vie! Hélas! je voudrais bien pouvoir pleurer

comme toi!.

Et il entra.na son ami, affectueux comme un père, consolant comme un prêtre, grand comme l’homme qui a

beaucoup souffert.

Tous cinq, suivis de leurs valets, tenant leurs chevaux par la bride, s’avancèrent vers la ville de Béthune, dont

on apercevait le faubourg, et ils s’arrêtèrent devant la première auberge qu’ils rencontrèrent.

.Mais, dit d’Artagnan, ne poursuivons-nous pas cette femme?

-- Plus tard, dit Athos, j’ai des mesures à prendre.

-- Elle nous échappera, reprit le jeune homme, elle nous échappera, Athos, et ce sera ta faute.

-- Je réponds d’elle., dit Athos.

D’Artagnan avait une telle confiance dans la parole de son ami, qu’il baissa la tête et entra dans l’auberge sans

rien répondre.

Porthos et Aramis se regardaient, ne comprenant rien à l’assurance d’Athos.

Lord de Winter croyait qu’il parlait ainsi pour engourdir la douleur de d’Artagnan.

.Maintenant, messieurs, dit Athos lorsqu’il se fut assuré qu’il y avait cinq chambres de libres dans l’h.tel,

retirons-nous chacun chez soi; d’Artagnan a besoin d’être seul pour pleurer et vous pour dormir. Je me charge

de tout, soyez tranquilles.

-- Il me semble cependant, dit Lord de Winter, que s’il y a quelque mesure à prendre contre la comtesse, cela

me regarde: c’est ma belle-soeur.

-- Et moi, dit Athos, c’est ma femme.

D’Artagnan tressaillit, car il comprit qu’Athos était s.r de sa vengeance, puisqu’il révélait un pareil secret;

Porthos et Aramis se regardèrent en palissant. Lord de Winter pensa qu’Athos était fou.

.Retirez-vous donc, dit Athos, et laissez-moi faire. Vous voyez bien qu’en ma qualité de mari cela me

regarde. Seulement, d’Artagnan, si vous ne l’avez pas perdu, remettez-moi ce papier qui s’est échappé du

chapeau de cet homme et sur lequel est écrit le nom de la ville...

-- Ah! dit d’Artagnan, je comprends, ce nom écrit de sa main...

Les trois mousquetaires

-- Tu vois bien, dit Athos, qu’il y a un Dieu dans le ciel!.

CHAPITRE LXIV L’HOMME AU MANTEAU ROUGE

Le désespoir d’Athos avait fait place à une douleur concentrée, qui rendait plus lucides encore les brillantes

facultés d’esprit de cet homme.

Tout entier à une seule pensée, celle de la promesse qu’il avait faite et de la responsabilité qu’il avait prise, il

se retira le dernier dans sa chambre, pria l’h.te de lui procurer une carte de la province, se courba dessus,

interrogea les lignes tracées, reconnut que quatre chemins différents se rendaient de Béthune à Armentières, et

fit appeler les valets.

Planchet, Grimaud, Mousqueton et Bazin se présentèrent et re.urent les ordres clairs, ponctuels et graves

d’Athos.

Ils devaient partir au point du jour, le lendemain, et se rendre à Armentières, chacun par une route différente.

Planchet, le plus intelligent des quatre, devait suivre celle par laquelle avait disparu la voiture sur laquelle les

quatre amis avaient tiré, et qui était accompagnée, on se le rappelle, du domestique de Rochefort.

Athos mit les valets en campagne d’abord, parce que, depuis que ces hommes étaient à son service et à celui

de ses amis, il avait reconnu en chacun d’eux des qualités différentes et essentielles.

Puis, des valets qui interrogent inspirent aux passants moins de défiance que leurs ma.tres, et trouvent plus de

sympathie chez ceux auxquels ils s’adressent.

Enfin, Milady connaissait les ma.tres, tandis qu’elle ne connaissait pas les valets; au contraire, les valets

connaissaient parfaitement Milady.

Tous quatre devaient se trouver réunis le lendemain à onze heures à l’endroit indiqué; s’ils avaient découvert

la retraite de Milady, trois resteraient à la garder, le quatrième reviendrait à Béthune pour prévenir Athos et

servir de guide aux quatre amis.

Ces dispositions prises, les valets se retirèrent à leur tour.

Athos alors se leva de sa chaise, ceignit son épée, s’enveloppa dans son manteau et sortit de l’h.tel; il était dix

heures à peu près. à dix heures du soir, on le sait, en province les rues sont peu fréquentées. Athos cependant

cherchait visiblement quelqu’un à qui il p.t adresser une question. Enfin il rencontra un passant attardé,

s’approcha de lui, lui dit quelques paroles; l’homme auquel il s’adressait recula avec terreur, cependant il

répondit aux paroles du mousquetaire par une indication. Athos offrit à cet homme une demi-pistole pour

l’accompagner, mais l’homme refusa.

Athos s’enfon.a dans la rue que l’indicateur avait désignée du doigt; mais, arrivé à un carrefour, il s’arrêta de

nouveau, visiblement embarrassé. Cependant, comme, plus qu’aucun autre lieu, le carrefour lui offrait la

chance de rencontrer quelqu’un, il s’y arrêta. En effet, au bout d’un instant, un veilleur de nuit passa. Athos lui

répéta la même question qu’il avait déjà faite à la première personne qu’il avait rencontrée, le veilleur de nuit

laissa apercevoir la même terreur, refusa à son tour d’accompagner Athos, et lui montra de la main le chemin

qu’il devait suivre.

Athos marcha dans la direction indiquée et atteignit le faubourg situé à l’extrémité de la ville opposée à celle

par laquelle lui et ses compagnons étaient entrés. Là il parut de nouveau inquiet et embarrassé, et s’arrêta pour

la troisième fois.

Les trois mousquetaires

Heureusement un mendiant passa, qui s’approcha d’Athos pour lui demander l’aum.ne. Athos lui proposa un

écu pour l’accompagner où il allait. Le mendiant hésita un instant, mais à la vue de la pièce d’argent qui

brillait dans l’obscurité, il se décida et marcha devant Athos.

Arrivé à l’angle d’une rue, il lui montra de loin une petite maison isolée, solitaire, triste; Athos s’en approcha,

tandis que le mendiant, qui avait re.u son salaire, s’en éloignait à toutes jambes.

Athos en fit le tour, avant de distinguer la porte au milieu de la couleur rougeatre dont cette maison était

peinte; aucune lumière ne paraissait à travers les ger.ures des contrevents, aucun bruit ne pouvait faire

supposer qu’elle f.t habitée, elle était sombre et muette comme un tombeau.

Trois fois Athos frappa sans qu’on lui répond.t. Au troisième coup cependant des pas intérieurs se

rapprochèrent; enfin la porte s’entrebailla, et un homme de haute taille, au teint pale, aux cheveux et à la barbe

noire, parut.

Athos et lui échangèrent quelques mots à voix basse, puis l’homme à la haute taille fit signe au mousquetaire

qu’il pouvait entrer. Athos profita à l’instant même de la permission, et la porte se referma derrière lui.

L’homme qu’Athos était venu chercher si loin et qu’il avait trouvé avec tant de peine, le fit entrer dans son

laboratoire, où il était occupé à retenir avec des fils de fer les os cliquetants d’un squelette. Tout le corps était

déjà rajusté: la tête seule était posée sur une table.

Tout le reste de l’ameublement indiquait que celui chez lequel on se trouvait s’occupait de sciences naturelles:

il y avait des bocaux pleins de serpents, étiquetés selon les espèces; des lézards desséchés reluisaient comme

des émeraudes taillées dans de grands cadres de bois noir; enfin, des bottes d’herbes sauvages, odoriférantes et

sans doute douées de vertus inconnues au vulgaire des hommes, étaient attachées au plafond et descendaient

dans les angles de l’appartement.

Du reste, pas de famille, pas de serviteurs; l’homme à la haute taille habitait seul cette maison.

Athos jeta un coup d’oeil froid et indifférent sur tous les objets que nous venons de décrire, et, sur l’invitation

de celui qu’il venait chercher, il s’assit près de lui.

Alors il lui expliqua la cause de sa visite et le service qu’il réclamait de lui; mais à peine eut-il exposé sa

demande, que l’inconnu, qui était resté debout devant le mousquetaire, recula de terreur et refusa. Alors Athos

tira de sa poche un petit papier sur lequel étaient écrites deux lignes accompagnées d’une signature et d’un

sceau, et le présenta à celui qui donnait trop prématurément ces signes de répugnance. L’homme à la grande

taille eut à peine lu ces deux lignes, vu la signature et reconnu le sceau, qu’il s’inclina en signe qu’il n’avait

plus aucune objection à faire, et qu’il était prêt à obéir.

Athos n’en demanda pas davantage; il se leva, salua, sortit, reprit en s’en allant le chemin qu’il avait suivi

pour venir, rentra dans l’h.tel et s’enferma chez lui.

Au point du jour, d’Artagnan entra dans sa chambre et demanda ce qu’il fallait faire.

.Attendre., répondit Athos.

Quelques instants après, la supérieure du couvent fit prévenir les mousquetaires que l’enterrement de la

victime de Milady aurait lieu à midi. Quant à l’empoisonneuse, on n’en avait pas eu de nouvelles; seulement

elle avait d. fuir par le jardin, sur le sable duquel on avait reconnu la trace de ses pas et dont on avait retrouvé

la porte fermée; quant à la clé, elle avait disparu.

Les trois mousquetaires

à l’heure indiquée, Lord de Winter et les quatre amis se rendirent au couvent: les cloches sonnaient à toute

volée, la chapelle était ouverte, la grille du choeur était fermée. Au milieu du choeur, le corps de la victime,

revêtue de ses habits de novice, était exposé. De chaque c.té du choeur et derrière des grilles s’ouvrant sur le

couvent était toute la communauté des carmélites, qui écoutait de là le service divin et mêlait son chant au

chant des prêtres, sans voir les profanes et sans être vue d’eux.

à la porte de la chapelle, d’Artagnan sentit son courage qui fuyait de nouveau; il se retourna pour chercher

Athos, mais Athos avait disparu.

Fidèle à sa mission de vengeance, Athos s’était fait conduire au jardin; et là, sur le sable, suivant les pas légers

de cette femme qui avait laissé une trace sanglante partout où elle avait passé, il s’avan.a jusqu’à la porte qui

donnait sur le bois, se la fit ouvrir, et s’enfon.a dans la forêt.

Alors tous ses doutes se confirmèrent: le chemin par lequel la voiture avait disparu contournait la forêt. Athos

suivit le chemin quelque temps les yeux fixés sur le sol; de légères taches de sang, qui provenaient d’une

blessure faite ou à l’homme qui accompagnait la voiture en courrier, ou à l’un des chevaux, piquetaient le

chemin. Au bout de trois quarts de lieue à peu près, à cinquante pas de Festubert, une tache de sang plus large

apparaissait; le sol était piétiné par les chevaux. Entre la forêt et cet endroit dénonciateur, un peu en arrière de

la terre écorchée, on retrouvait la même trace de petits pas que dans le jardin; la voiture s’était arrêtée.

En cet endroit, Milady était sortie du bois et était montée dans la voiture.

Satisfait de cette découverte qui confirmait tous ses soup.ons, Athos revint à l’h.tel et trouva Planchet qui

l’attendait avec impatience.

Tout était comme l’avait prévu Athos.

Planchet avait suivi la route, avait comme Athos remarqué les taches de sang, comme Athos il avait reconnu

l’endroit où les chevaux s’étaient arrêtés; mais il avait poussé plus loin qu’Athos, de sorte qu’au village de

Festubert, en buvant dans une auberge, il avait, sans avoir eu besoin de questionner, appris que la veille, à huit

heures et demie du soir, un homme blessé, qui accompagnait une dame qui voyageait dans une chaise de

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